Archives du mois - avril 2016

Ensemble, toujours mobilisés pour le retrait de la Loi Travail

C’est dans un contexte de large mobilisation pour le retrait du projet de loi El Khomri que l’Assemblée nationale va en débuter l’examen dans quelques jours.

Ce mouvement engagé depuis plusieurs semaines a d’ores et déjà contraint le gouvernement à réécrire quelques articles de ce projet de loi et à en supprimer d’autres. C’est un encouragement à poursuivre et à élargir la riposte pour le retrait définitif de ce texte qui met en cause la durée du temps de travail, qui affaiblit les conventions collectives, qui fragilise les droits acquis, qui supprime les majorations des heures supplémentaires, qui facilite les licenciements, qui affaiblit la médecine du travail, qui met fin aux accords par branches au profit d’accords d’entreprises… Les régressions demeurent !

Une large majorité de Français, 70 %, considère que ce projet de loi-Travail est globalement mauvais, et qu’il ne peut en rien être utile pour créer des emplois, bien au contraire.

Il doit être tout simplement retiré !

Dans les différentes formes actuelles de mobilisation, nuits debout, grève des cheminots, mouvement des intermittents du spectacle, occupations d’universités et lycées…, le gouvernement ne doit pas rester sourd à ce que disent les organisations de jeunesse. Il doit répondre à leurs revendications.

L’objectif de toute réforme du droit du travail doit être :

-d’améliorer les conditions de vie, d’étude, de travail des jeunes et des salariés.

– de renforcer le code du travail pour lutter contre l’explosion de la précarité,

-de s’opposer aux dégradations des conditions de travail et de la vie au travail.

Demain, jeudi 28 avril, les élu-e-s Front de gauche du Conseil départemental du Val-de-Marne seront une nouvelle fois aux côtés des salariés et des jeunes mobilisés contre cet inacceptable projet de loi-travail et pour exiger de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés et les citoyens.

Projet de loi El Khomri : Un recul de société

Malgré les prétendus reculs annoncés par le gouvernement, la réforme du Code du travail dite « loi El Khomri » fait brutalement disparaître des droits sociaux et généralise un peu plus la précarité.

S’il s’appliquait aujourd’hui, ce projet de réforme ne ferait qu’aggraver les inégalités et les conditions de vie de millions de salariés déjà fortement fragilisée par le chômage sans le faire reculer.

Son contenu, directement inspiré des exigences du MEDEF, frappe tout particulièrement les femmes et les jeunes en développant le salarié jetable comme la norme. Pourtant, déjà 82 % des embauches dans le Val-de-Marne sont faites en CDD, notamment chez les jeunes.

Les femmes seraient aussi fortement touchées. Alors que le temps de travail est le premier facteur de discrimination, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité et augmente les durées maximales de travail. Pire, la loi offre les possibilités pour l’employeur de modifier plus encore, et de façon unilatérale, les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures supplémentaires.

Pourtant la flexibilité des travailleurs, les Val-de-Marnais connaissent déjà :

37,2 % sont touchés par le travail du dimanche, 35,7 % par le travail de soirée (20 h – 24 h), 23,3 % par les horaires variables. Les textes déjà en vigueur permettent cela, sans réforme. Cet état de fait nuit d’ores et déjà à la vie familiale, à l’épanouissement et génèrent les temps partiels subis et les faibles salaires…

Le maintien de la possibilité pour une entreprise de licencier sans avoir de difficultés est un très mauvais signal envoyé à tous ses salariés. Et pour rajouter à l’injustice, même quand le licenciement est injustifié, la loi El Khomri supprime le minimum de six mois de salaire au titre des dommages et intérêts.

Est-ce la société que nous voulons ? Est-ce cela que la France doit laisser en héritage aux jeunes générations ?

Depuis des années, on nous rabâche qu’il faudrait baisser le « coût du travail » pour que les entreprises puissent être plus compétitives, pour investir et créer des emplois. Or, les 40 dernières années ont démontré l’inefficacité des cadeaux patronaux et des attaques au Code du travail pour relancer l’économie et faire baisser le chômage.

Les solutions se situent donc ailleurs : il est urgent de baisser le coût du capital au nom de l’efficacité sociale, de ne plus apporter de soutien public aux entreprises sans contrepartie chiffrée et contrôlée. Mettre fin à l’austérité en augmentant les salaires, les retraites, les pensions, les minima sociaux et le point d’indice des fonctionnaires, pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages et relancer ainsi l’économie aux côtés d’investissements publics.

Vous pouvez compter sur les élu-e-s du Front de gauche pour faire valoir d’autres choix pour le travail et les salarié-e-s. Nous resterons mobilisé-e-s aux côtés des syndicats, des travailleurs, des jeunes, jusqu’au retrait de cette réforme inacceptable du Code du travail et pour exiger de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés, pour une société d’émancipation humaine.

Exigeons ensemble l’état urgence sociale.

Flore Munck, conseillère départementale

Canton de Villejuif