Archives du mois - juin 2016

Après l’utilisation du 49-3, les partisans de la loi travail brandissent l’interdiction de manifester !

Le rejet populaire majoritaire de la loi travail vient une nouvelle fois de s’exprimer avec ampleur ce mardi 14 juin 2016. L’immense mobilisation des manifestations et grèves, avec notamment un million de manifestants dans les rues de Paris, atteste d’une détermination renforcée du monde du travail et de la jeunesse pour refuser ce véritable projet de régression et de recul des droits sociaux, au moment même où reprend le débat parlementaire sur ce projet de loi.

Cette expression des forces vives de notre peuple est insupportable pour les défenseurs de « l’inversion de la hiérarchie des normes ».

Assimilant les violences des casseurs aux comportements responsables des organisations syndicales, la droite fait feu de tout bois et emboîte le pas d’un premier ministre Manuel Valls « droit dans ses bottes », lui qui demande à la CGT « de ne plus organiser de manifestation à Paris » et indique ne pas rejeter la possibilité de les interdire.

Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, l’ex premier ministre qui avait vu des millions de salariés mettre en échec sa réforme des retraites en 1995, préconise l’interdiction des « manifestations qui constituent une menace évidente à l’ordre public ».

Pour le Président des Républicains Nicolas Sarkozy, « la responsabilité civile et financière de la CGT » est engagée.

Le premier ministre et le président Sarkozy s’attaquent injustement à un syndicat, la CGT, et omettent volontairement que cette mobilisation soutenue par l’opinion est le fait de sept organisations syndicales de salariés et de jeunesse, qui depuis 4 mois, dans l’unité, demandent le retrait de ce texte régressif.

Pour les élu-e-s Front de gauche du Conseil départemental du Val-de-Marne, ce texte doit tout simplement être retiré !

Nous continuerons d’être aux côtés des salariés et des jeunes, mobilisés contre cette inacceptable réforme du code du travail, pour exiger de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés, pour le respect de la liberté de manifester et de faire grève.

L’investissement du Département, créateur d’emplois. À contre-courant ?

Dans toute leur diversité et dans tous les domaines, les citoyennes de notre pays sont de plus en plus nombreux à s’indigner et à refuser les évolutions négatives de notre société qui fourmille pourtant d’un potentiel énorme de progrès social et d’émancipation dans cette période de crise mais aussi de profondes mutations.

À coup de matraquages médiatiques au langage limité à « réforme », « austérité », « dettes », les gourous du CAC 40, patrons des multinationales, les donneurs d’ordre et de leçons tentent de verrouiller leur système, celui qui les gave depuis des décennies sur le dos du plus grand nombre.

Cela ne suffit pas ! À travers leurs lois (françaises ou européennes), comme la loi « travail », ils exigent plus de « flexibilité », plus d’« adaptation »… Il y aurait encore trop de services publics ! Trop d’impôts !

Face à la montée de la grogne sociale, et à bout d’arguments, le gouvernement joue le 49.3, bafouant le débat et la liberté d’expression. Paradoxalement, la droite, porteuse il y a peu d’un tel projet de loi, se place aujourd’hui contre, avec la ferme intention de faire encore pire.

Quelle société, quel collectif peuvent se dessiner lorsque les discours et les actes de nos dirigeants ne font qu’amplifier les paradoxes, lorsque leurs salaires indécents nourrissent les conflits? Comment faire quand il n’y a plus d’écoute et de démocratie dans le dialogue social ? Comment grandir sereinement quand la mise en concurrence est le modèle et que le « tout consommation » reste une finalité que beaucoup contestent ?

Dans cette mouvance revendicatrice, il y a « Nuit debout » et l’émergence d’une volonté de penser le monde autrement. Les revendications qui animent ces mouvements questionnent le système économique et social, les institutions et l’écologie. Ils expriment la volonté d’une autre politique, loin des systèmes à bout de souffle.

La vague « Panama papers » a révélé les milliards qui échappent à l’économie réelle des États. Ces révélations jettent un pavé dans la quiétude du pouvoir de l’argent. Elle marque un tournant, nous l’espérons, vers la fin de pratiques irresponsables.

Alors, y a-t-il trop de dépenses publiques ? Trop de service public pour l’amélioration du quotidien des citoyens ? Trop d’impôts ? Ou bien, trop de fraudes, de mensonges, d’impunité ou de mépris pour l’humain ? Nous sommes convaincus qu’il y a d’autres façons de penser l’économie et que les moyens financiers existent pour le mieux vivre de toutes et tous.

Dans le Val-de-Marne, nous nous posons à contre-courant du modèle libéral.

Le 23 mai dernier, l’assemblée départementale votait son compte administratif, actant une augmentation en 2015 de 27,9 % de l’investissement par rapport à 2014. Cela s’inscrit dans un effort permanent depuis des années en faveur de l’emploi en Val-de-Marne qui est reconduit en 2016.

À travers l’investissement dans des projets structurants comme la Cité de la gastronomie, le pôle d’Orly, le campus Grand-Park à Villejuif, les projets de mutation urbaine (Champigny, Vitry), ce sont 65 000 emplois potentiels concernés.

À contre-courant encore, le groupe Front de gauche a demandé au préfet la création d’un observatoire chargé de la transparence sur les fonds de l’État versés aux entreprises et de surveiller leur utilisation en faveur de l’emploi.

À contre-courant toujours, notre groupe se fera lanceur d’alertes, afin de relayer les besoins et les préoccupations de la population auprès des nouvelles instances de décisions, dans les territoires et dans le cadre de la métropole. Nous resterons un échelon de proximité, un service public (utile, innovant, écologique) attentif et solidaire !

Nous vous souhaitons à toutes et tous une belle période estivale.

Sokona Niakhaté, conseillère départementale en charge de la démocratie participative.

Canton de Fontenay-sous-Bois/Vincennes