Archives du mois - janvier 2017

Communiqué de presse de Pascal Savoldelli

Changement de présidence à l’Etablissement Public Foncier d’Île-de-France : un mauvais signal de plus à l’encontre d’un aménagement équilibré de l’Île-de-France

Un conseil d’administration exceptionnel de l’Etablissement Public Foncier d’Île-de-France a été convoqué ce mardi 31 janvier à 18h30, avec pour unique ordre du jour le renouvellement des instances, suite à la démission de Madame Valérie PÉCRESSE de la présidence de l’EPFIF, après seulement 10 mois de mandat.

Lors de la désignation de Monsieur Geoffroy DIDIER, à la présidence de l’Etablissement foncier régional, j’ai souhaité ne pas prendre part au vote pour dénoncer un choix à contre-sens des missions de cet outil foncier régional.

Le jour de la publication annuelle du rapport de la Fondation de l’Abbé Pierre sur le mal-logement en France, qui alerte sur la situation de près de 4 millions de français mal-logés en 2017, l’exécutif régional, fait le choix de faire élire à la tête de l’EPFIF, le vice-président régional au logement, en charge de la politique « anti-logement social » de la Région Île-de-France. Quel message !

L’EPFIF, financé par l’impôt des franciliens et qui travaille à une diversité et une meilleure répartition de l’habitat et de l’emploi en luttant contre les inégalités sociales et territoriales, se voit fortement orienté depuis quelques mois, par une action publique disproportionnée en faveur de la promotion résidentielle privée aux loyers inabordables pour une majorité de francilien.

En Val-de-Marne nous défendons au contraire, une politique foncière plus équilibrée reposant sur un portage foncier dédié à une diversité de logements, dont une part de logements sociaux à la hauteur des besoins ; mais également sur un portage foncier plus ambitieux en soutien à l’implantation économique des petites et moyennes entreprises.

Pour aller plus loin encore, et lutter contre la tendance générale au «tout résidentiel », je crois qu’il est  temps, d’engager une réelle évolution des missions de l’EPFIF en faveur de certaines activités économiques pour garantir la vocation industrielle et économique de la Région Île-de-France en cherchant à maintenir notamment les activités de production, d’artisanat et de logistique au cœur de la zone dense, qui sont aujourd’hui pénalisées par un coût du foncier trop élevé.

Pascal SAVOLDELLI, Vice-président du Conseil départemental du Val-de-Marne et administrateur de l’EPFIF

L’idéal républicain d’une société solidaire

 «Liberté, Égalité, Fraternité.» Ces trois mots qui forment la devise de notre République sont aujourd’hui bousculés et souvent malmenés par les politiques gouvernementales qui se succèdent. Liberté et Égalité se règlent pour le meilleur et pour le pire par les lois et les règlements de la société. L’état d’urgence qui s’inscrit aujourd’hui dans la durée et donne lieu à de nombreuses dérives démocratiques est là pour nous le rappeler. La fraternité est plus insaisissable. La fraternité n’est ni dans les lois, ni dans les règlements de la société et pourtant, c’est d’elle que naît l’idéal républicain d’une société solidaire.

Face aux crises qui se succèdent depuis 1973, des Restos du Cœur en passant par les maraudes organisées pour venir en aide aux plus fragiles d’entre nous, chacun peut constater que cet idéal de fraternité vit dans la société française.

Le paradoxe, c’est que dans le même temps, les politiques de solidarité sont constamment remises en question par ceux qui nous gouvernent, avec souvent la mise en scène médiatique caricaturale de la fraude sociale.

Dans le débat politique, on ne parle que d’assistanat et de fraudeurs, mais jamais du malheur réel que sème partout le chômage de masse. La fraude sociale, aussi condamnable soit elle, représente des pertes pour l’État évaluées à 695 millions d’euros, quand la simple fraude fiscale est évaluée à 3,42 milliards d’euros.

Cette fraude vient alimenter l’évasion fiscale qui est pratiquée à grande échelle sur l’ensemble de la planète. En 2016, l’ONG Oxfam a démontré que 7 600 milliards de dollars, soit l’addition des PIB de l’Allemagne et du Royaume-Uni, sont actuellement détenus sur des comptes offshore de particuliers. Ce ne sont pas les fraudeurs du revenu de solidarité active (RSA) qui alimentent ces comptes. La fraude sociale, qui concerne souvent de petits montants, ne peut être l’arbre qui cache la forêt du pillage des comptes publics par une oligarchie, parvenue à faire d’un fraudeur fiscal comme Monsieur Cahuzac un ministre du budget de la République.

Face aux risques de la vie, de quelles solidarités avons-nous besoin ? Les questions sociales méritent un traitement plus sérieux que celui de la thématique imposée de la fraude sociale et de l’assistanat dans le débat public.

Avec ces thèmes, les gouvernements qui se succèdent depuis quinze ans veulent construire un consensus idéologique pour détruire les fondements de nos politiques sociales.

Trop souvent aussi, ils mettent en scène des annonces sans lendemain comme, par exemple, la question de la renationalisation du revenu de solidarité active (RSA). Le RSA constitue le dernier filet de protection sociale pour chacun d’entre nous qui, un jour, peut avoir besoin de la solidarité nationale. Son coût de financement, supporté par les départements, est aujourd’hui estimé à 3,5 milliards d’euros. L’État doit se saisir sérieusement de l’avenir du RSA. Le statu quo incite les départements, souvent de droite, à durcir les conditions de versement de l’allocation, parfois à travers des mesures illégales qui stigmatisent les bénéficiaires.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement doit assumer sa responsabilité en maintenant le caractère pérenne et national de cette prestation dont le financement relève de la solidarité nationale. Face à la complexité des minima sociaux, l’État doit aussi simplifier la protection sociale en permettant à chacun de bénéficier de la solidarité nationale quand il en a besoin.

Tous ces enjeux étaient au cœur des discussions des États généraux que nous avons organisés en novembre 2016 en Val-de-Marne, et qui ont donné lieu à des engagements concrets de notre Département que vous pouvez retrouver ici : www.valdemarne.fr/vivre-en-val-demarne/informations/8-engagements-pourameliorer-les-solidarites-dans-le-val-demarne

Gilles Saint-Gal, Vice-Président en charge du Développement social et de la Solidarité, de la Lutte contre les exclusions, du Tourisme et des Loisirs.