Archives du mois - juillet 2017

Baisse des APL, ALS, ALF – Macron le président des riches, s’en prend aux plus modestes

Le gouvernement d’Emmanuel Macron vient d’annoncer, comme nous le craignions, une baisse générale de 5 euros par mois des aides aux logements (APL, ALS, et ALF). 60 euros à l’année en moins pour 6,5 millions de ménages parmi les plus fragilisés, qui pour beaucoup consacrent aujourd’hui plus de la moitié de leurs revenus à se loger.

Non, 5 euros ce n’est pas « un petit effort ». C’est une attaque contre les 800 000 étudiant-e-s bénéficiaires, contre les travailleurs, au SMIC ou moins encore, qui paient trop cher leur logement ou n’ont pas accès au logement social car il n’y en a tout simplement pas assez. C’est une attaque contre tous ceux qui comptent le moindre euro. Selon l’INSEE, les aides au logement représentent plus de 20% du revenu des ménages les plus pauvres. Pour 11 millions de Français, il ne reste à la fin du mois que 10 euros pour l’épargne ou les loisirs. Quel est le sens alors d’une telle mesure ?

Les loyers augmentent plus vite que les aides, car leur niveau est d’abord fixé par le prix d’achat des propriétaires qui souhaitent augmenter leurs taux de rentabilité dans un contexte de spéculation constante. La baisse des APL ne fera donc pas baisser les loyers mais provoquera impayés et expulsions. Encadrer les loyers, construire du logement social et non punir aveuglément les locataires, voilà les seules mesures à prendre. Il est inutile de singer les politiques de droite telles que celles menées aujourd’hui par V. Pécresse, qui a sabré le financement régional du logement social.

L’Etat a consacré en 2017 à peine 200 millions d’euros d’aide à la pierre pour la construction de logements sociaux. Il prend aujourd’hui 400 millions dans les poches des plus pauvres. Dans le même temps, il offre à 500 000 riches contribuables 3 milliards de baisse de l’ISF. 6 000 euros en plus pour chacun d’eux, 5 euros en moins pour ceux qui souffrent. Pas d’austérité pour les plus riches, les plus modestes paieront leurs cadeaux fiscaux !

Cette mesure ne fait que s’ajouter à toutes les annonces antisociales du gouvernement. Contre les fonctionnaires : gel du point d’indice. Contre les travailleurs : précarisation avec la « Loi Travail XXL ». Contre les retraités : augmentation de la CSG.

Où est le renouveau ? Où est la justice ? Où est la modernité dans ce qui apparaît clairement aujourd’hui comme une politique de classe au service des plus riches ?

Les élu-e-s Front de Gauche (PCF-PG-Citoyens) du Conseil Départemental du Val-de-Marne resteront mobilisés pour maintenir le pouvoir d’achat des plus modestes, et offrir à tous un logement accessible. C’est l’ambition de la politique du logement de notre département, avec un taux de logement social supérieur de 12 points à la moyenne nationale, ou encore une forte progression du logement étudiant depuis 2010. Être utile à tous, contre les inégalités, contre l’éviction des populations modestes des cœurs de métropole, face aux attaques conjointes de Macron ou de Pécresse.

Les élu-e-s du groupe : Fatiha Aggoune, Alain Audhéon, Corinne Barre, Pierre Bell-Lloch, Nathalie Dinner, Christian Favier, Pierre Garzon, Didier Guillaume, Marie Kennedy, Lamya Kirouani, Jeannick Le Lagadec, Flore Munck, Sokona Niakhaté, Evelyne Rabardel, Gilles Saint-Gal, Pascal Savoldelli, Hocine Tmimi, Ibrahima Traoré.

Créteil, 24 juillet 2017.

Exiger l’égalité pour toutes et tous dans l’accès à l’enseignement supérieur : les élu.e.s Front de gauche mobilisés

Près de 90 000 jeunes étudiants, dont 3 000 en Val-de-Marne n’ont toujours pas aujourd’hui d’affectation en facultés, parmi eux, 9.726 avaient pourtant placé en premier vœu une filière non sélective (un vœu qui aurait dû leur garantir une place).

Cette situation qui s’amplifie à chaque rentrée est insupportable, pour ces milliers de jeunes ayant passé avec succès leur baccalauréat, mais sans perspective autre que celle d’une loterie vue à raison comme injuste. Rien n’a été fait pour que les Universités et l’enseignement supérieur puisse les accueillir malgré une hausse prévisible et continue du nombre d’étudiants. Au contraire, les cures d’économie se sont multipliées, jusqu’à cette annonce de 330 millions d’euros de baisses de crédits pour la seule année 2018 !

La solution de la Ministre Mme Vidal est celle de la sélection à l’entrée en université. Sobrement baptisée « pré-requis », cette mesure efface le principe même du baccalauréat, qui doit rester la voie d’accès à l’enseignement supérieur. Surtout, elle s’accompagnera d’un renforcement de la compétition au financement entre établissements, qui risque d’entériner le glissement définitif vers un enseignement supérieur à plusieurs vitesses. Derrière les mots choisis de la ministre, se cache bien de la hausse des frais d’inscription, de la sélection par l’argent et l’origine sociale.

À celle et ceux qui proposent l’université de la concurrence et de la sélection, nous opposons une autre priorité : démocratiser l’enseignement supérieur, assurer la réussite de tous, dans l’intérêt de notre société minée par les inégalités. L’égalité n’est pas une loterie : le même cadre pour tous et ensuite à chacun sa «chance» ! Parce que la « chance » n’est pas également partagée, l’égalité n’a rien de naturel. C’est au système universitaire de la rendre effective, d’en créer les conditions, puis d’en vérifier la réalité, en corrigeant lorsque c’est nécessaire les inégalités constatées.

Les logiques de territorialisation, de privatisation, de rentabilisation mises actuellement en œuvre dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la santé, des transports… sont socialement destructrices : elles aggravent les inégalités sociales.

Pour une université au service de l’égalité et de l’émancipation de tous, c’est d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche renforcé et amélioré dont nous avons besoin. Seule une fonction publique renforcée et rénovée peut être garante des droits de tous à l’éducation, à une formation débouchant sur des qualifications reconnues. Seule une réorientation des milliards dépensés pour la recherche privée vers l’université publique, pourra mettre fin à l’austérité qui y sévit. Comment accepter par exemple le gâchis des 5,5 milliards d’euros par an du Crédit Impôt Recherche ? Comment accepter que ce dispositif, ne serve pas à la recherche mais à l’optimisation fiscale ? Il est temps de remettre l’argent public là où il est utile, au service des étudiants et de la recherche.

Dans cette période estivale, les élu-e-s Front de gauche du Conseil départemental du Val-de-Marne sont aux côtés des jeunes sans bahut, mobilisés pour exiger leur droit à étudier dans la filière souhaitée.

Comme tous les ans depuis 1989, dans le Val-de-Marne, nous mettons à disposition des jeunes et de leur famille le dispositif SOS Rentrée. Notre dispositif, conçu pour favoriser la réussite de tous, a toujours prouvé son utilité. Il a pour objectif d’agir sur l’égalité d’accès aux droits à l’éducation et permettre aux jeunes de poursuivre leurs études dans le respect de leurs choix d’orientation. Nos élus appellent enfin, le 4 septembre, à se réunir devant le rectorat de l’Académie de Créteil, avec Fatiha Aggoune, vice-présidente du Conseil Départemental en charge de la jeunesse, pour rappeler à l’Education Nationale ses obligations envers les jeunes du Val-de-Marne.

Les élu-e-s du groupe : Fatiha Aggoune, Alain Audhéon, Corinne Barre, Pierre Bell-Lloch, Nathalie Dinner, Christian Favier, Pierre Garzon, Didier Guillaume, Marie Kennedy, Lamya Kirouani, Jeannick Le Lagadec, Flore Munck, Sokona Niakhaté, Evelyne Rabardel, Gilles Saint-Gal, Pascal Savoldelli, Hocine Tmimi, Ibrahima Traoré.

Créteil, le 20 juillet 2017

Macron, le renouveau ? Une illusion dangereuse pour nos droits et nos services publics

La séquence électorale qui vient de se refermer est marquée par le paradoxe de nos institutions à bout de souffle de la Ve République. Jamais un candidat à l’élection présidentielle n’a bénéficié d’un si faible vote d’adhésion qu’Emmanuel Macron. Jamais l’abstention n’a été aussi forte que lors du deuxième tour des récentes élections législatives. Pourtant, Monsieur Macron a été élu président de la République et dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale.

À la tête d’un mouvement né il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron a axé sa campagne sur le thème du « renouveau » et de la jeunesse.

Encore un paradoxe, politique celui-ci, tant la matrice idéologique du nouveau président de la République, pour peu qu’on l’écoute attentivement, peut nous sembler familière. Derrière ces oripeaux, se dessine en effet un projet de société purement néolibéral, on ne peut plus commun chez les représentants politiques de la droite depuis maintenant 40 ans, et que l’on pourrait résumer par ces mots de Margaret Thatcher, première ministre britannique en 1979 : « La société n’existe pas. Il n’y a que des individus, hommes et femmes […] »

Les deux premières mesures annoncées par le candidat élu renvoient d’ailleurs parfaitement à ce credo.

La première est le projet du gouvernement de réformer le droit du travail par ordonnance, c’est-à-dire en écrivant seul la loi, sans débat parlementaire. Cette réforme vise à ampli.er les mesures annoncées (mais non appliquée du fait du mouvement social) et en partie mise en place par la «loi El Khomri ». Les questions relatives au salaire, à la durée du temps de travail, à la dé.nition du travail de nuit… relèveraient de la négociation dans l’entreprise et plus de la loi. Politiquement, l’esprit de ce projet repose sur une idée simple : céder, une fois de plus, sur les droits et les conditions de travail des salarié.e.s là où la loi les protège aujourd’hui permettrait de faire progresser l’emploi. Cette idée n’a rien de nouvelle : elle prévaut depuis plus de 30 ans… et l’on sait empiriquement à quel point elle est inefficace, si ce n’est pour accroître les inégalités ! Pis : ce courant va même à l’inverse de l’Histoire depuis deux siècles, qui voit une amélioration régulière des conditions de travail pour les salarié.e.s à travers les lois et les conquêtes sociales.

La seconde mesure est la fusion des départements de petite couronne parisienne avec la métropole du Grand Paris. Le candidat Macron l’avait annoncé dès avant l’élection présidentielle, ainsi que la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, et une nouvelle purge des finances publiques locales. Mon inquiétude, ainsi que celle des élu.e.s départementaux.ales et du président Christian Favier, ne relève donc pas tant de la défense de l’institution en tant que telle, mais de celle des nombreux services publics rendus aux habitant.e.s. par les départements (solidarités, crèches, parcs, accès au numérique et au transport…). Le projet territorial de M. Macron met au centre une métropole de plus de 7 millions d’habitants, éloignée des citoyens et de leurs préoccupations quotidiennes. Il ne s’agit donc pas de remettre en cause l’éventuelle pertinence d’une métropole pour des questions stratégiques, mais il me semble tout à fait invraisemblable de lui demander de rendre un service public de proximité efficace aux usagers – citoyens. Si, demain, les départements devaient disparaître, qu’adviendrait-il de toutes ces politiques publiques qui, pour certaines, bénéficient à toutes et tous et, pour d’autres, sont essentielles pour permettre aux plus fragiles de boucler, difficilement, leurs fins de mois ? Au regard du courant politique qu’incarne Macron, il y a fort à parier qu’à l’égalité du service public, on substituerait la logique marchande… et donc l’exclusion de toute une partie des bénéficiaires actuels de ces services. Là aussi, cette décision viendrait accroître les inégalités qui rongent déjà terriblement notre société, et plus encore l’agglomération parisienne.

Comme on le voit, le discours d’un «renouveau » porté par M. Macron ne résiste donc pas bien longtemps à l’analyse de la vision de société et des intérêts qu’il porte : il est plutôt le parfait héritier d’un courant politique que nous ne connaissons que trop bien. Nous savons donc déjà quoi lui opposer : un discours d’émancipation et de progrès social et écologique, que porteront nos élus au Parlement, au Département et dans nos villes, aussi bien que dans la rue, pour la défense de nos intérêts.

Didier Guillaume, Vice-président du Conseil départemental en charge de la Coopération décentralisée, des Relations et solidarités internationales et de l’Action en faveur de la paix

Canton de Choisy-le-Roi