Archives du mois - avril 2018

Une réforme constitutionnelle à mille lieux des attentes des Val-de-Marnais.e.s !

Sous l’impulsion du président Christian Favier, la majorité départementale a toujours eu la volonté de développer des politiques publiques, dans une grande proximité avec les besoins et attentes des Val-de-Marnais.e.s.

Or, avec l’actuel projet de réforme constitutionnelle d’Emmanuel Macron, le risque est grand que le règne absolu de la technostructure prime sur tous les territoires de la République, nourrissant en retour une crise de la démocratie qui menace notre pacte républicain. Avec le retour du projet de suppression des départements de la petite couronne parisienne, une volonté guide le chef de l’État : disqualifier et réduire la dépense publique utile, afin d’inscrire nos institutions dans la trajectoire libérale de l’Europe des régions et des métropoles.

Si, devant la mobilisation inédite des populations, des élu.e.s locaux de toute sensibilité et des agents du service public, Emmanuel Macron indique n’avoir encore rien décidé, sa vision d’une « métropole sans département » est un des leviers escomptés pour affaiblir les services publics, mais aussi les communes qui n’auront plus leur partenaire de proximité.

C’est la même logique qui prime avec la réduction démagogique du nombre de parlementaires, qui cache en définitive la volonté de réduire les prérogatives du Parlement, d’abaisser la représentation nationale pour réduire au maximum les contre-pouvoirs. Plus de démocratie avec moins de représentants du peuple, parmi lesquels encore moins d’ouvriers ou d’employés, la démonstration reste encore à faire ! Réduction du nombre d’élus, affaiblissement de la démocratie locale, prédominance de la technostructure, éloignement des lieux de décisions, instauration d’un quota d’amendements par groupe parlementaire, remise en cause de la décentralisation, recours aux lois d’habilitation pour donner pouvoir au Gouvernement de légiférer seul par ordonnances dans tel ou tel domaine…

La mainmise de l’Exécutif sur le pouvoir législatif est En Marche ! C’est ainsi que le Gouvernement a opéré un véritable coup de force anticonstitutionnel, avec la loi sur la sélection à l’université « Parcoursup », qui a été appliquée avant même d’être votée par le Sénat puis promulguée.

Le chef de l’État et son Gouvernement sont incontestablement le symbole de cette marche conservatrice, avec son cortège de privatisations, d’attaques contre les droits du travail, du Parlement, contre la SNCF, contre les statuts…

Rien de nouveau dans ce vieux monde ! Tous les deux sont en charge d’une mission : répandre la bonne parole libérale.

J’emprunterais volontiers à Pierre Bourdieu son éloquente définition de l’essence du néolibéralisme : « Un programme de destruction des structures collectives capable de faire obstacle à la logique du marché pur ». Ce « modèle » de fonctionnement des institutions est calqué sur celui des instances de l’Union européenne (Commission européenne, Parlement).

Il considère que la moindre parcelle de démocratie fait obstacle à leurs projets de marchandisation de l’action et de l’espace public, au seul profit d’une rentabilité financière qui explose littéralement. Et le peuple dans tout cela !

Nous assistons à une volonté de prise de pouvoir direct du marché, évacuant ce qui n’est plus devenu à leurs yeux qu’un seul intermédiaire, le politique !

Pour casser ce « mur dressé » entre les populations et des lieux de décision de plus en plus opaques et lointains, la question est posée d’engager une véritable « révolution constitutionnelle » pour une nouvelle Constitution, une nouvelle République démocratique et sociale.

Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne

Président du groupe, conseiller départemental d’Ivry-sur-Seine