Jeannick Le Lagadec

Enseignement supérieur pour toutes et tous : le chemin de l’émancipation

Pour l’historien Emmanuel Todd, la fracture n’est plus seulement sociale. Le nouveau paysage se dessine aussi sur une fracture éducative. Cette analyse n’a pas manqué d’attirer mon attention en cette rentrée universitaire, où les appels de jeunes bacheliers en détresse se multiplient : SOS RENTREE est donc plus que jamais utile au quotidien de ces jeunes.

En effet, cela avait été annoncé : les années 2017, 2018, et 2019 voient arriver les baby-boomers de l’an 2000 à l’université. Cependant, l’Etat n’a pas anticipé la hausse démographique. Au contraire, depuis la loi d’autonomie des universités de Valérie Pécresse suivie de la loi Fioraso, les universités doivent gérer avec une enveloppe annuelle les bâtiments et le personnel, la recherche et les étudiants. Cependant, cette dotation augmente bien moins vite que le nombre de bacheliers à accueillir…

Les universités font donc la course aux financements extérieurs. Les crédits distribués dans le cadre d’appels à projets de l’Agence nationale de la Recherche, et du Commissariat général à l’investissement  deviennent dès lors essentiels pour le fonctionnement de l’université.

Pourtant, des analyses montrent que l’organisation de ces appels à projet coûtent presque autant que l’argent distribué ensuite. En clair, l’Etat et les universités dépensent 357 millions d’euros de crédits publics pour obtenir 390 millions d’euros !

Une gestion transparente et soucieuse des deniers publics consisterait à répartir directement de manière pérenne aux universités et aux laboratoires de recherche ces 390 millions d’euros.

Les annonces budgétaires se succèdent :   cet été, coupe franche de 331 millions sur le budget 2017, puis un mois plus tard,  700 millions supplémentaires pour 2018…. Nous serons bien sûr particulièrement vigilants sur le fin de mot de ce budget et pour sa répartition car l’enjeu est bien    d’augmenter les capacités en filière, notamment en créant des postes d’enseignants mais aussi de programmer des investissements immobiliers, pour accueillir ces nouveaux étudiants. Enfin, il s’agit que toutes les universités en profitent et pas seulement quelques-unes….

Ainsi il serait possible de revenir aux fondamentaux de l’université : un enseignement supérieur au service du progrès social qui aurait pour tâche d’émanciper et de qualifier.

Il ne serait plus alors question, comme cela a été le cas pour 60 000 jeunes en France cet été,  de s’inscrire par dépit dans une filière n’ayant aucun rapport avec leur projet de vie. Il est impératif  d’investir massivement sur les premières années, d’inscrire une année zéro pour celles et ceux qui en ont besoin, comme cela a pu déjà être pratiqué à l’Université de Créteil (UPEC), de créer une allocation autonomie pour les jeunes étudiants car étudier est un « travail » en soi, de lancer un plan pour le logement étudiant ainsi que l’accès à la santé.

Nous ne voulons pas du paysage que nous confirme ce gouvernement : d’un côté les universités délaissées et de l’autre les grandes universités internationales qui concentrent tous les moyens. Nous ne voulons pas des « prérequis »annoncés qui risqueraient d’écarter de l’enseignement supérieur les catégories populaires.

Avec les jeunes du Val-de-Marne, nous réclamons notre part de bonheur : nous nous battrons pour que chaque jeune qui en fait le projet puisse accéder à l’enseignement supérieur et y trouve les meilleures conditions pour sa réussite.

A nous les jours heureux !

Jeannick Le Lagadec, conseillère départementale  charge de la délégation Santé, enseignement supérieur, recherche et agriculture périurbaine

Canton de Champigny-sur-Marne 1

Communiqué de Jeannick Le Lagadec : Les femmes sont les premières victimes de la casse de l’hôpital

Hier encore, une infirmière a mis fin à ses jours.

Ce tragique événement doit nous rappeler que la fonction publique hospitalière compte 76,6 % de femmes : 87 % des infirmières et des sage-femmes et plus de 90 % des aides-soignantes sont des femmes.

Hier des milliers de femmes infirmières, aide-soignantes, médecins,orthophonistes, puéricultrices sont venues crier, dans les rues de Paris et d’ailleurs, leur ras-le-bol, leur souffrance mais aussi leur résistance à la dégradation du service public.

Aujourd’hui, le 8 mars, journée internationale des droits de la femme, je veux relayer  l’exigence de ces femmes qui font en grande partie tourner nos hôpitaux, soignent nos parents, enfants et amis.

La tarification à l’activité et la recherche sans frein d’économies tuent notre système hospitalier. Le regroupement des hôpitaux ne fera qu’accélérer la dégradation. Les femmes, salariées de l’hôpital public, en sont les premières victimes.

L’argent public est trop précieux pour le sacrifier en CICE et autres allègements de charges.

Notre santé vaut plus que leurs bénéfices !

 

Jeannick Le Lagadec, Vice-Présidente déléguée à la Santé, l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Agriculture péri-urbaine

8 mars 2017

La santé pour toutes et tous !

Avec la progression du tout-libéral, l’État social se délite. Dans les institutions, les services publics de santé sont peu à peu abandonnés, l’État se défaussant de ses responsabilités et laissant les territoires exsangues. Le résultat est sans appel : les déserts médicaux se multiplient, les inégalités de santé dès le plus jeune âge s’accroissent, tant sur le plan territorial que social.

D’un côté, le projet de loi santé propose des mesures progressistes telles que la généralisation du tiers payant, mais de l’autre, la ministre organise l’austérité à l’hôpital en imposant 3 milliards d’euros d’économies.

Via le directeur de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP), le gouvernement entend remettre en cause les 35 heures et les RTT des professionnels de santé pour économiser 20 millions d’euros par an. Comment peut-on ignorer la surcharge de travail et le manque de personnel qui mènent nombre d’entre eux à l’épuisement ? Dans cette course à l’austérité, les patients risquent de pâtir d’une remise en cause de la qualité de soins.

Notre groupe Front de gauche soutient et soutiendra le personnel des six hôpitaux du Val-de-Marne dépendant de l’AP-HP dans ses grèves et manifestations, si besoin avec la même intensité que pour la mobilisation contre la fermeture du service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Mondor.

Notre politique de santé est aussi proactive et portée par une vision : la prévention sanitaire, la réduction des inégalités d’accès aux soins (plus de 15 % des Français ne se soignent pas faute de moyens financiers suffisants), et la démocratie sanitaire.

Dans le cadre de notre politique en direction de la petite enfance, de la protection maternelle et infantile, mais aussi du soutien aux pratiques médico-sociales dans le champ des personnes âgées et des personnes handicapées, le Département développe de nombreuses actions de prévention et d’accompagnement aux soins. La tâche que nous nous fixons pour la mandature est notamment d’étendre ces actions de prévention aux étudiants, en partenariat avec les établissements de l’enseignement supérieur et les centres de santé et de prévention déjà existants.

Le désert médical n’épargne(ra) pas le Val-de-Marne : en effet, un quart des médecins généralistes libéraux a plus de 60 ans, et l’ARS programme le départ de 42 % des médecins franciliens (tous statuts confondus) dans les dix ans à venir. Si peu de communes val-de-mar- naises sont pointées comme territoires déficitaires ou fragiles (seulement Orly, Chevilly-Larue, Alfortville), il est de notre responsabilité de construire l’avenir. Moins de professionnels de santé signifie une moindre couverture sanitaire sur le Val-de-Marne, soit des inégalités d’accès et potentiellement un recours encore plus fréquent aux urgences. Pour contrer cette démographie médicale négative, nous voulons prendre toute notre part dans la mobilisation des acteurs de la profession.

Au travers de l’accès aux soins, c’est la santé de chacune et de chacun d’entre nous qui est concernée. C’est pourquoi, nous soutiendrons toutes les initiatives réunissant les habitants et les professionnels pour qu’ils deviennent de véritables acteurs des politiques de santé, pour le maintien et le développement d’une offre de soins de qualité et de proximité, pour toutes et tous.

Jeannick Le Lagadec, Conseillère départementale en charge de la délégation Santé, enseignement supérieur, recherche et agriculture périurbaine