Pascal Savoldelli

« LOI TRAVAIL XXL » : LA CASSE DU SIÈCLE !

La loi travail, portée par le gouvernement d’Edouard Philippe et du Président Emmanuel Macron, et adoptée par ordonnance n’a pas plus de légitimité aujourd’hui qu’hier !

Les 36 mesures de cette loi travail « XXL » organisent la casse du droit du travail, en s’attaquant frontalement aux accords collectifs. L’entreprise devient ainsi l’échelon principal de la négociation sociale en affaiblissant le rôle et les prérogatives des syndicats, et en facilitant les plans sociaux.

En clair, il s’agit de l’éclatement généralisé du Code du travail.

Pour quel choix de société ?

Admettons un instant que davantage de flexibilité permettrait une hausse de l’emploi. Se pose alors la question du choix de société : souhaitons-nous atteindre le plein-emploi avec des conditions de travail très dégradées, des emplois sans intérêt et des travailleurs pauvres ?

Ainsi, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, où la flexibilité salariale et externe est bien plus forte, la pauvreté est plus élevée malgré des taux de chômage officiels plus faibles, tandis que les inégalités ont explosé beaucoup plus vite qu’en France (au point que le revenu médian est quasi-égal aujourd’hui aux États-Unis à ce qu’il était en 1974).

Quel progrès y aurait-il à ce que tout le monde ait un emploi précaire et mal payé, au sein d’un système où la masse des individus perdrait leur vie à la gagner pour que les 1 % des plus riches puissent encore gagner plus en ne travaillant pas ?

Cette loi travail contient :

  • Les chômeurs sanctionnés pour les rendre flexibles ;
  • Des licenciements sans justification en muselant les prud’hommes ;
  • Des contrats de chantier, CDD au rabais ;
  • La suppression d’instances représentatives des personnels, tels que les Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT)…

Depuis cet été, la riposte s’organise contre cette « loi Travail XXL », qui s’annonce dangereuse pour les salariés et leurs représentants. Plusieurs syndicats appellent à une grande journée d’action et de mobilisation mardi 12 septembre.

Les élu-e-s Front de Gauche du Conseil départemental du Val-de-Marne seront mobilisés aux côtés des salarié.e.s, des privé.e.s d’emploi, des retraité.e.s.

Les élu-e-s du groupe Front de Gauche (PCF-PG-Citoyens) :

Fatiha Aggoune, Alain Audhéon, Corinne Barre, Pierre Bell-Lloch, Nathalie Dinner, Christian Favier, Pierre Garzon, Didier Guillaume, Marie Kennedy, Lamya Kirouani, Jeannick Le Lagadec, Flore Munck, Sokona Niakhaté, Evelyne Rabardel, Gilles Saint-Gal, Pascal Savoldelli, Hocine Tmimi, Ibrahima Traoré.

Créteil, 11 septembre 2017

Communiqué de Pascal SAVOLDELLI – CDEN du 14 mars 2017

Lors du Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) réuni le 14 mars, les élu-e-s des collectivités territoriales, les représentants des personnels des établissements, des organisations syndicales et des associations de parents d’élèves ont quasi unanimement refusé d’entériner la carte scolaire du 1er degré présentée par l’inspection académique.

Avec une dotation ministérielle conséquente qui attribue 160 postes pour le Val-de-Marne pour accueillir 1 674 élèves supplémentaires en septembre prochain, nous partageons cette prise de position devant un projet de carte scolaire qui prévoyait 93 ouvertures fermes et 23 conditionnelles, ainsi que 43 fermetures fermes et 36 conditionnelles.

En effet, malgré les créations de postes engagées depuis 2012 dans l’Education nationale, les effectifs par classe restent très chargés dans beaucoup trop d’établissements scolaires. Ainsi, le syndicat SNUipp-FSU estimait en septembre dernier que 55% des classes de maternelle et 27% de celles de primaire comptaient plus de 25 élèves par classe, 8% des classes de maternelle (soit 7 300) comptant même plus de 30 élèves.

Dans le premier degré, selon une étude de la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), le nombre d’élèves par classe demeure supérieur à la moyenne européenne.

Certes, près de 20 000 postes d’enseignement ont été créés en élémentaire dans le public depuis 2012, 17 000 postes dans le secondaire public… Mais ces chiffres qui restent en deçà de l’engagement de créer 60 000 postes dans l’Education nationale durant le quinquennat, ne compensent pas l’ampleur du recul infligé précédemment par la droite, ni l’importance de la poussée démographique des élèves dans le premier et second degré.

Pour les enseignants comme pour les parents, chaque rentrée scolaire s’accompagne de la crainte que les classes soient surchargées. Cela affecte les conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs élèves, notamment les plus fragiles qui sont plus désavantagés par des conditions d’enseignement précaires.

Toutes les évaluations nationales comme internationales l’indiquent : l’école française est inégalitaire avec un risque de décrochage scolaire qui reste très marqué selon le milieu d’origine des élèves. La Cour des comptes soulignait également en 2012, que l’Etat dépensait 47% de plus pour former un élève parisien qu’un élève de banlieue.

Or, dans un contexte ou la ségrégation sociale se concentre dans les zones les plus urbanisées sous le poids d’une ségrégation résidentielle, la mixité est un facteur essentiel de la réussite des élèves.

Ainsi, cette question des effectifs par classe reste centrale car elle conditionne pour une part la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles de la République, afin que l’école redevienne cet outil de promotion et de mixité sociale !

C’est le sens du vœu adopté par le CDEN sur la proposition des syndicats enseignants SNUDI FO, SNUipp-FSU, CGT Educ’Action, Solidaires Sud Education et de la fédération de parents d’élèves FCPE.

Voté par les élu-e-s Front de gauche et par l’ensemble des élu-e-s de gauche, cette prise de position réaffirme qu’avec une dotation de 160 postes pour le Val-de-Marne, l’essentiel des demandes des écoles mobilisées peuvent immédiatement être satisfaites, sans attendre les ajustements de juin et septembre dont on sait les conséquences pour l’organisation des écoles et les élèves.

Qui peut aujourd’hui garantir qu’à l’issue des élections présidentielles, le nouveau gouvernement ne reprendra pas ces postes au nom de la lutte contre les déficits ou d’une « nécessaire diminution du nombre de fonctionnaires » !

Aux côtés des acteurs de la communauté éducative mobilisés, les élu-e-s du groupe Front de gauche du Conseil départemental du Val-de-Marne continueront d’agir pour garantir le droit à l’Education de tous les élèves afin que l’Education redevienne cet outil de promotion et de mixité sociale.

 

Pascal SAVOLDELLI, Président du groupe Front de Gauche (PCF-PG-Citoyens) du Conseil départemental du Val-de-Marne.