L’accès au logement pour toutes et tous, et partout

L’accès au logement pour toutes et tous, et partout

Au lendemain d’élections majeures pour notre pays et d’annonces inquiétantes du gouvernement, le logement et l’immobilier doivent revenir au cœur du débat public !

Si la qualité et le confort du logement progressent, son impact est grandissant sur le budget des Franciliens. Le logement reste le premier poste de dépenses des ménages, devant l’alimentation et les transports.

Le rapport 2017 de l’enquête INSEE sur le logement en Île-de-France dresse un tableau précis de l’évolution et de la situation actuelle de l’habitat dans notre région. Entre 2006 et 2011, le nombre de logements occupés en Île-de-France est passé de 4,82 à 4,99 millions, soit l’une des plus faibles hausses observées depuis les années 1960, malgré une hausse continue de la demande de logement. Le développement de l’offre de logements neufs est donc une nécessité qui doit mobiliser toute l’énergie des pouvoirs publics (État et collectivités locales). Il faut combler les retards accumulés depuis deux décennies, adapter l’offre de logements aux besoins spécifiques (étudiants, personnes âgées…), répondre aux évolutions démographiques (vieillissement) et sociologiques (croissance des familles monoparentales), et apporter de l’air à un marché asphyxié qui se traduit par des loyers trop élevés pour beaucoup.

Or, le rythme de construction en Île-de-France reste insuffisant pour combler ces retards.

Dynamisme démographique (100 000 habitants en plus en Île-de-France chaque année depuis les années 2000) et évolutions sociologiques provoquent des tensions très fortes sur le marché.

La disponibilité de terrains est essentielle pour augmenter la construction, c’est pourquoi l’État doit encore plus fortement mobiliser le foncier public pour construire du logement. La libération du foncier pour de nouvelles opérations d’aménagement ouvre des perspectives. Dans des territoires en mutation, l’arrivée des gares du Grand Paris Express ouvre concrètement la possibilité de reconstruire la ville dans la ville et d’y garantir, dans ces nouvelles zones d’aménagement, la création de logements sociaux accessibles au plus grand nombre. 30 % de logements sociaux autour des nouvelles gares : c’est un principe que Christian Favier a défendu au Sénat, proposition de loi rejetée par la majorité de droite. Or, 70 % des ménages franciliens sont éligibles au logement social.

Sur la politique de l’urbanisme, du logement et de l’habitat avec la mise en place de la métropole du Grand Paris, les élus de petite couronne ont été contraints d’abandonner leurs compétences et les outils qui avaient démontré leur efficacité, comme leurs offices publics de l’habitat. Ils seront transférés aux territoires, mais ne seront plus une compétence communale, ce qui éloignera leur gestion des problématiques de leur population. Un plan local d’urbanisme intercommunal voit ainsi le jour et définira les orientations de la politique d’urbanisme dans chaque territoire. Il s’imposera aux communes qui seront donc dessaisies de cette compétence.

Il est très significatif, que pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, le logement ne soit associé ni à un ministère, ni à un secrétariat d’État. Le message politique du nouveau pouvoir est clair : faire les poches des familles en difficultés pour gonfler celles des plus riches. D’un côté, 6,5 millions de familles vont subir une baisse de toutes les aides au logement (APL, ALS, ALF), quand selon l’INSEE celles-ci représentent plus de 20 % du revenu des ménages les plus pauvres. Tandis que les plus riches contribuables, assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), vont bénéficier d’une ristourne de 3 milliards d’euros ! Dans le même temps, le gouvernement vient d’annoncer pour 2017 une annulation de crédits de plus de 180 millions d’euros pour la construction de nouveaux logements type PLAI (destinés aux plus modestes) !

C’est l’équivalent de 12 000 logements.

Ainsi, le gouvernement fait le choix d’ignorer l’enjeu de l’accès au logement pour tous et partout, du rôle du logement dans la mobilité professionnelle, de la place des dépenses de logement sur le pouvoir d’achat des ménages, de l’avenir des quartiers et de la vie de leurs habitants.

Hocine Tmimi, Conseiller départemental du canton de Vitry-sur-Seine 2

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