Pour des transports publics de qualité : pas touche aux financements !

Pour des transports publics de qualité : pas touche aux financements !

En 2006, le projet de métro de banlieue à banlieue Orbival était lancé par Christian Favier. Pionnier, Orbival est issu d’un constat simple : les transports du quotidien doivent être simplifiés, les conditions de transport doivent être améliorées.

« Utopique », « métro féerique », « impossible à financer » : à son lancement, le métro val-de-marnais n’avait pas convaincu tous les décideurs, mais il avait un allié de poids : les Val-de-Marnais. Neuf ans et 61 000 signatures de soutien plus tard, Orbival est en chantier. La ligne 15 Sud verra bien le jour en 2022, le prolongement de la ligne 14 à Orly sera mis en service en 2024. L’utopie devient réalité. Le projet dispose à présent de moyens financiers suffisants, basés principalement sur la taxe locale sur les bureaux pour assurer sa réalisation en totalité. Ces nouvelles lignes de métro amélioreront le quotidien de dizaines de milliers d’usagers chaque jour.

Dans l’immédiat, l’amélioration des transports publics passe par l’investissement mais aussi par une tarification plus adaptée. Il faut cesser de pénaliser les usagers les plus éloignés de Paris par une offre moins importante et des tarifs plus élevés. Dès 2005, notre groupe a été parmi les premiers à proposer le pass unique, c’est-à-dire une carte unique pour tous, permettant aux familles, aux salariés, aux étudiants… de voyager sans limitation, partout en Île-de- France et au même prix.

Dix ans plus tard, le 1er septembre 2015, le pass unique à 70 euros par mois permettra des économies importantes pour la très grande majorité des usagers. Par exemple, un abonné Navigo zone 1-4 paiera 37,80 euros de moins chaque mois.

Malgré ces avancées, les conditions de transports nécessitent une nouvelle bataille : celle du financement. Alors que les usagers subissent des conditions de transport de plus en plus pénibles sur de nombreuses lignes, le financement des transports publics est mis à mal. Quel paradoxe, alors que les investissements sont à un niveau inédit depuis la création du métro en 1900 !

Les finances des transports publics essuient des coups durs comme les hausses successives de la TVA de 5 % à 7 %, puis à 10% pour financer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui offre 20 milliards d’euros de déductions fiscales aux entreprises sans aucune contrepartie et sans résultat sur l’emploi. De même, la récente annonce gouvernementale d’une modification du seuil d’exonération du versement transport, principale ressource des transports collectifs en France, entraînerait une perte de 240 millions d’euros pour les transports publics d’Île-de-France. Qui payera la facture ? Incontestablement : les usagers ! Cette somme représente une hausse immédiate des tarifs de 8 % pour tous ! Ce serait surtout un coup de frein aux achats de nouveaux trains, aux travaux…

Alors qu’il est impératif d’améliorer les conditions de transport des usagers, à l’heure de l’urgence climatique et dans un secteur qui est un des premiers employeurs de France, notre groupe est déterminé à agir pour que la priorité soit donnée aux investissements et non aux cadeaux aux entreprises sur le dos des usagers. 

Pierre Garzon, Vice-président chargé des Transports, des Déplacements, des Circulations et des Infrastructures routières

Canton de Villejuif

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