Projet de loi El Khomri : Un recul de société

Projet de loi El Khomri : Un recul de société

Malgré les prétendus reculs annoncés par le gouvernement, la réforme du Code du travail dite « loi El Khomri » fait brutalement disparaître des droits sociaux et généralise un peu plus la précarité.

S’il s’appliquait aujourd’hui, ce projet de réforme ne ferait qu’aggraver les inégalités et les conditions de vie de millions de salariés déjà fortement fragilisée par le chômage sans le faire reculer.

Son contenu, directement inspiré des exigences du MEDEF, frappe tout particulièrement les femmes et les jeunes en développant le salarié jetable comme la norme. Pourtant, déjà 82 % des embauches dans le Val-de-Marne sont faites en CDD, notamment chez les jeunes.

Les femmes seraient aussi fortement touchées. Alors que le temps de travail est le premier facteur de discrimination, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité et augmente les durées maximales de travail. Pire, la loi offre les possibilités pour l’employeur de modifier plus encore, et de façon unilatérale, les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures supplémentaires.

Pourtant la flexibilité des travailleurs, les Val-de-Marnais connaissent déjà :

37,2 % sont touchés par le travail du dimanche, 35,7 % par le travail de soirée (20 h – 24 h), 23,3 % par les horaires variables. Les textes déjà en vigueur permettent cela, sans réforme. Cet état de fait nuit d’ores et déjà à la vie familiale, à l’épanouissement et génèrent les temps partiels subis et les faibles salaires…

Le maintien de la possibilité pour une entreprise de licencier sans avoir de difficultés est un très mauvais signal envoyé à tous ses salariés. Et pour rajouter à l’injustice, même quand le licenciement est injustifié, la loi El Khomri supprime le minimum de six mois de salaire au titre des dommages et intérêts.

Est-ce la société que nous voulons ? Est-ce cela que la France doit laisser en héritage aux jeunes générations ?

Depuis des années, on nous rabâche qu’il faudrait baisser le « coût du travail » pour que les entreprises puissent être plus compétitives, pour investir et créer des emplois. Or, les 40 dernières années ont démontré l’inefficacité des cadeaux patronaux et des attaques au Code du travail pour relancer l’économie et faire baisser le chômage.

Les solutions se situent donc ailleurs : il est urgent de baisser le coût du capital au nom de l’efficacité sociale, de ne plus apporter de soutien public aux entreprises sans contrepartie chiffrée et contrôlée. Mettre fin à l’austérité en augmentant les salaires, les retraites, les pensions, les minima sociaux et le point d’indice des fonctionnaires, pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages et relancer ainsi l’économie aux côtés d’investissements publics.

Vous pouvez compter sur les élu-e-s du Front de gauche pour faire valoir d’autres choix pour le travail et les salarié-e-s. Nous resterons mobilisé-e-s aux côtés des syndicats, des travailleurs, des jeunes, jusqu’au retrait de cette réforme inacceptable du Code du travail et pour exiger de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés, pour une société d’émancipation humaine.

Exigeons ensemble l’état urgence sociale.

Flore Munck

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *