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Pour une égalité réelle femmes/hommes, agir au quotidien et collectivement

En France comme en Val-de-Marne, 52 % de la population est féminine. Et nationalement, 53 % des votant.e.s sont des femmes.

Sexisme, harcèlement, discrimination salariale et à l’embauche… les femmes sont les premières concernées par les inégalités de salaire et de retraite, par le temps partiel subi, le chômage, les emplois précaires. Elles sont majoritairement en charge des tâches domestiques et familiales, minoritaires dans les postes de responsabilité politique ou économique. Elles sont trop souvent victimes de multiples formes de violences : physique, psychologique, verbale, sociétale.

L’égalité femmes/hommes est un objectif politique porté depuis toujours par les élu.e.s Front de gauche, afin que les mêmes libertés et les mêmes droits soient accordés aux femmes et aux hommes. Le progrès social, l’émancipation sont des valeurs que nous portons et défendons pour une société toujours plus juste et plus égalitaire.

Dès lors que les droits des femmes régressent, c’est l’ensemble de la société qui régresse. Et, a contrario, dès lors que les droits des femmes progressent, c’est l’ensemble de la société qui progresse.

En cette période d’échéances électorales majeures, la question du renforcement ou non des droits des femmes est l’objet d’orientations et de propositions politiques de nature diverse qui méritent attention et vigilance.

Certains font la part belle aux partisans de la Manif pour tous et aux adeptes de la remise en cause du délit d’entrave à l’IVG. D’autres, parfois les mêmes, s’emploient à laisser entendre qu’ils ou elles seraient les meilleur.e.s garant.e.s des droits des femmes, quand bien même les parlementaires de leurs familles politiques s’opposent régulièrement à toute avancée des droits des femmes.

L’égalité femmes/hommes peut être aussi remise en cause de façon plus insidieuse. Ainsi, les droits des femmes sont durement impactés par des mesures législatives, à l’image de la récente loi El Khomri imposée à coup de 49-3.

Des inégalités déjà très fortes risquent d’être renforcées, alors que les femmes gagnent déjà en moyenne 25% de moins que les hommes. En Val-de-Marne, les chiffres officiels font état d’un écart salarial de 20 %, et 21 % des femmes y occupent un emploi à temps partiel contre 8 % pour les hommes. Leur retraite s’en trouve donc largement amputée.

Prôner la suppression de 120 000 ou 500 000 postes de fonctionnaires sur cinq ans, c’est non seulement dégrader et affaiblir les services publics locaux, mais cela affectera grandement l’emploi des femmes salariées, elles qui représentent 62 % de l’emploi dans les fonctions publiques, notamment à l’hôpital.

Les luttes menées depuis des décennies, toutes et tous ensemble, ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est à force de mobilisations, de travail et d’engagements collectifs que nous arriverons à faire progresser la société.

Nous le savons, l’action publique peut réduire les inégalités.

La majorité départementale s’est toujours impliquée par une politique intégrée et audacieuse en la matière, comme notamment lors de la création de l’Observatoire de l’égalité femmes/hommes en 2000.

Les élu.e.s Front de gauche du Département s’engagent au quotidien pour que l’égalité soit réelle, actée et respectée. En développant une politique toujours plus volontariste, que ce soit dans la lutte contre les stéréotypes sexistes qui contribuent aux inégalités salariales, dans le développement d’un véritable service public ou bien dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

L’égalité femmes/hommes s’inscrit dans l’ensemble de nos politiques départementales. Nous en avons fait une exigence politique forte pour plus de justice sociale et d’émancipation ; pour que l’ensemble des droits humains progresse.

 

Fatiha Aggoune

Vice-présidente du Conseil départemental en charge de la Jeunesse, de la Vie associative, de l’Observatoire de l’égalité, de la Lutte contre les discriminations, des Droits humains et des Droits des migrants.

Le logement, un droit universel pour toutes et tous !

En Val-de-Marne, nous sommes conscients de la crise du logement actuelle et des difficultés que rencontrent les locataires et les demandeurs de logement. Nous ne lâcherons pas notre combat pour un logement digne, accessible et durable pour toutes et tous et partout.

Le logement est un droit fondamental, un acquis universel qui est malmené depuis de trop nombreuses années. Dans un contexte socio-économique qui, chaque jour, accroît les difficultés financières des ménages, le logement n’est pas épargné. Ce sont des millions de personnes qui souffrent du mal-logement, de logements insalubres, ce sont des millions de familles qui ne peuvent accéder à un logement digne de qualité.

Le logement social est une réponse contre le mal-logement, pour l’accès à un logement de qualité pour les familles les plus fragilisées et modestes. Le logement social est une idée noble dans tous les sens du terme, une idée à laquelle nous avons sur nos territoires, dans nos départements, dans nos villes, donné corps et vie. C’est une idée qu’il ne faut en aucun cas abandonner.

Quand, dans une crise du logement sans précédent, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, prend la décision de ne plus subventionner la construction de logements sociaux dans les villes qui en comptent plus de 30 % sous couvert de « mixité sociale », de ne plus subventionner la réhabilitation du parc, nous nous insurgeons.

Retirer le moindre euro au logement, c’est encourager et faire perdurer le mal-logement, l’insalubrité ou encore, les marchands de sommeil. Il ne faut pas opposer les besoins entre eux, l’attitude de la droite régionale est abjecte.

En Val-de-Marne, ce sont près de 80 000 personnes ou familles qui sont enregistrées comme demandeuses de logement social. En Val-de-Marne, 15 villes sur 39 ont plus de 30 % de logements sociaux sur leur territoire, quant à l’inverse, six villes sont parmi les villes les plus carencées en termes de logement social.

Prendre la décision de ne plus financer les projets dans les villes qui auraient trop de logements sociaux, et subventionner les villes carencées pour rétablir un « équilibre » est une hérésie. Car, disons-le nous, ces villes sont carencées le plus souvent par choix, par refus d’accueillir une population plus modeste sur leurs territoires…

Rétablir un équilibre, oui, cela est nécessaire, nous en convenons toutes et tous. Il est nécessaire que le logement social puisse se construire partout, sur l’ensemble du territoire français. Mais ce n’est pas en ne subventionnant plus les villes qui ont déjà du logement social que l’équilibre se fera. L’équilibre se fera, si chacun prend sa part de logement social, pour répondre à l’ensemble de la demande territoire par territoire. Il est donc urgent de cibler plus particulièrement ces villes, encore si nombreuses, qui ne respectent pas la loi SRU et en mettant en place un dispositif plus inflexible pour que la loi soit respectée.

Parallèlement, il est nécessaire de poursuivre l’accompagnement et l’aide aux maires bâtisseurs, de ceux qui portent des projets de constructions, de réhabilitations, pour répondre à la demande et offrir des logements accessibles et de qualité à toutes et tous.

En Val-de-Marne, nous sommes attachés au logement social, au logement digne pour toutes et tous.

Et malgré des contraintes financières qui pèsent de plus en plus lourd sur les budgets des collectivités, et de fait, sur celui du Département, nous entendons bien ne pas en rabattre sur notre volonté d’offrir à tous nos concitoyens, à tous les moments de leur vie, un service public proche, moderne, réactif et à l’écoute de leurs besoins.

Alors, oui, même dans ce contexte difficile, nous avons fait le choix d’un service public pour toutes et tous. Le choix de poursuivre malgré tout une politique en faveur du logement accessible à toutes et à tous, pour que le droit au logement devienne une réalité. En faisant ce choix, nous avons la volonté de poursuivre le travail engagé depuis plus de trois décennies en faveur du logement social sur l’ensemble de notre territoire.

Nathalie Dinner

Vice-présidente du Conseil départemental Chargée du Service public départemental, des Ressources humaines, de la Logistique, du Logement et de I’Habitat.

Canton de Choisy-le-Roi

Insécurité ou citoyenneté !

L’année 2016 a été marquée par une série d’attaques terroristes, qui a plongé le pays dans un « climat » liberticide, depuis le débat sur la déchéance de nationalité jusqu’à la prolongation de l’état d’urgence. Malgré ce contexte, nos concitoyens ont porté haut les valeurs de notre République, refusant la tentation du repli identitaire, la recherche de boucs émissaires, la mise en concurrence des individus et des territoires.

Pourtant, c’est bien un sentiment d’insécurité globale, sociale, politique et relationnelle qui s’est renforcé dans la population, nourri par les politiques libérales mises en œuvre et l’instrumentalisation des peurs.

L’ADN de l’action départementale, c’est tout l’inverse, à l’image des politiques innovantes et progressistes que nous mettons en œuvre. Elles constituent un véritable bouclier social pour tous les Val-de-Marnais(es), à tous les âges de la vie !

Vivre dans notre département, c’est bénéficier de collèges de qualité avec un projet éducatif d’avenir, c’est le développement de services de transports répondant aux enjeux climatiques, c’est bientôt une 77ème  crèche. C’est également le soutien à la construction et à la réhabilitation des logements pour tous et partout.

C’est la détermination à développer les solidarités, garantes de cohésion sociale et territoriale.

Au moment où pèse si fortement une réduction de la dépense publique qui menace l’ensemble de l’action publique et des services publics, nous réaffirmons notre choix d’un service public réactif, protecteur, répondant aux besoins et aux attentes, dans une plus grande proximité avec les usagers.

Nous continuerons à investir pour l’avenir, n’en déplaise aux idolâtres de la rigueur, aux fossoyeurs du service public, aux prêcheurs de la mise en concurrence des salariés, aux disciples de la rentabilité et d’une baisse du coût du travail qui pèse sur les salaires, aux apôtres de la criminalisation de l’action syndicale, aux promoteurs de l’uberisation de la société, aux adorateurs du « veau d’or ».

Indéniablement, ce bréviaire est commun à l’opposition de droite départementale, qui soutient avec ardeur la politique ségrégative d’accès au logement de la nouvelle majorité de droite à la Région. Cette même majorité régionale qui coupe les vivres à de nombreuses associations intervenant dans les domaines de l’environnement, du développement durable, de la transition énergétique, de l’économie sociale et solidaire, de la culture et des solidarités…

Autant de décisions qui ne font que renforcer les inégalités, en insécurisant la pérennité du mouvement associatif, véritable creuset de citoyenneté et d’accès aux droits.

Face aux insécurités de toute nature, pour ouvrir l’accès à de nouveaux droits pour toutes et tous, nous continuerons d’agir pour répondre aux besoins au travers des politiques départementales d’intérêt général, celles qui font le « mieux-vivre ensemble », œuvrant ainsi au développement d’une citoyenneté pleine et entière.

Nous n’aurons de cesse de rassembler pour ouvrir des horizons citoyens porteurs de confiance et d’espoir en l’avenir.

 

Ibrahima Traoré, Conseiller départemental du canton Le Kremlin-Bicêtre

 

L’idéal républicain d’une société solidaire

 «Liberté, Égalité, Fraternité.» Ces trois mots qui forment la devise de notre République sont aujourd’hui bousculés et souvent malmenés par les politiques gouvernementales qui se succèdent. Liberté et Égalité se règlent pour le meilleur et pour le pire par les lois et les règlements de la société. L’état d’urgence qui s’inscrit aujourd’hui dans la durée et donne lieu à de nombreuses dérives démocratiques est là pour nous le rappeler. La fraternité est plus insaisissable. La fraternité n’est ni dans les lois, ni dans les règlements de la société et pourtant, c’est d’elle que naît l’idéal républicain d’une société solidaire.

Face aux crises qui se succèdent depuis 1973, des Restos du Cœur en passant par les maraudes organisées pour venir en aide aux plus fragiles d’entre nous, chacun peut constater que cet idéal de fraternité vit dans la société française.

Le paradoxe, c’est que dans le même temps, les politiques de solidarité sont constamment remises en question par ceux qui nous gouvernent, avec souvent la mise en scène médiatique caricaturale de la fraude sociale.

Dans le débat politique, on ne parle que d’assistanat et de fraudeurs, mais jamais du malheur réel que sème partout le chômage de masse. La fraude sociale, aussi condamnable soit elle, représente des pertes pour l’État évaluées à 695 millions d’euros, quand la simple fraude fiscale est évaluée à 3,42 milliards d’euros.

Cette fraude vient alimenter l’évasion fiscale qui est pratiquée à grande échelle sur l’ensemble de la planète. En 2016, l’ONG Oxfam a démontré que 7 600 milliards de dollars, soit l’addition des PIB de l’Allemagne et du Royaume-Uni, sont actuellement détenus sur des comptes offshore de particuliers. Ce ne sont pas les fraudeurs du revenu de solidarité active (RSA) qui alimentent ces comptes. La fraude sociale, qui concerne souvent de petits montants, ne peut être l’arbre qui cache la forêt du pillage des comptes publics par une oligarchie, parvenue à faire d’un fraudeur fiscal comme Monsieur Cahuzac un ministre du budget de la République.

Face aux risques de la vie, de quelles solidarités avons-nous besoin ? Les questions sociales méritent un traitement plus sérieux que celui de la thématique imposée de la fraude sociale et de l’assistanat dans le débat public.

Avec ces thèmes, les gouvernements qui se succèdent depuis quinze ans veulent construire un consensus idéologique pour détruire les fondements de nos politiques sociales.

Trop souvent aussi, ils mettent en scène des annonces sans lendemain comme, par exemple, la question de la renationalisation du revenu de solidarité active (RSA). Le RSA constitue le dernier filet de protection sociale pour chacun d’entre nous qui, un jour, peut avoir besoin de la solidarité nationale. Son coût de financement, supporté par les départements, est aujourd’hui estimé à 3,5 milliards d’euros. L’État doit se saisir sérieusement de l’avenir du RSA. Le statu quo incite les départements, souvent de droite, à durcir les conditions de versement de l’allocation, parfois à travers des mesures illégales qui stigmatisent les bénéficiaires.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement doit assumer sa responsabilité en maintenant le caractère pérenne et national de cette prestation dont le financement relève de la solidarité nationale. Face à la complexité des minima sociaux, l’État doit aussi simplifier la protection sociale en permettant à chacun de bénéficier de la solidarité nationale quand il en a besoin.

Tous ces enjeux étaient au cœur des discussions des États généraux que nous avons organisés en novembre 2016 en Val-de-Marne, et qui ont donné lieu à des engagements concrets de notre Département que vous pouvez retrouver ici : www.valdemarne.fr/vivre-en-val-demarne/informations/8-engagements-pourameliorer-les-solidarites-dans-le-val-demarne

Gilles Saint-Gal, Vice-Président en charge du Développement social et de la Solidarité, de la Lutte contre les exclusions, du Tourisme et des Loisirs.

Métropole : faisons le pari des projets et de la coopération !

Alors que l’année 2016 touche à sa fin, il faudrait ne porter le regard que sur les prochaines échéances électorales, ne pas insister sur les transformations en cours dans l’espace métropolitain, n’y revenir que pour juger la mise en œuvre du Grand Paris trop complexe pour intéresser les populations, ou simplement miser sur la suppression de la métropole si la droite revenait aux affaires en mai 2017. Ce serait laisser d’autres décider à votre place de ce que sera le Val-de-Marne demain…

Ne se résignant ni au repli, ni à l’inaction, les élus du Front de gauche au Conseil départemental font, pour leur part, un tout autre pari. Fidèles à leurs engagements auprès des Val-de-Marnais, ils choisissent d’avancer vers l’avenir et se félicitent de l’engagement de notre Département dans plusieurs projets qui contribueront fortement au développement économique, social et culturel de notre territoire, en même temps qu’au rayonnement de Paris et de sa région : ouverture d’un centre dramatique national à Ivry-sur-Seine ; Cité de la gastronomie à Rungis ; centre international dédié à la santé et aux biotechnologies à Villejuif…

Aux partisans de l’attentisme et à ceux qui voudraient laisser croire que les choses sont jouées d’avance, nous rappelons que, dans bien des domaines, notre Département a pris les devants pour dessiner ce que le Val-de-Marne revendique d’être aujourd’hui : un territoire de coopérations respectueuses où les puissances publiques savent agir en concertation, avec les populations et dans leur intérêt.

Cette démarche constructive a d’ailleurs fait du Val-de-Marne le département précurseur du Grand Paris Express en imposant l’idée, avec le projet Orbival dont nous venons de fêter les dix ans, qu’il est pertinent et possible de mettre en place des liaisons inter-banlieues qui n’obligent pas à transiter par la capitale pour aller travailler, étudier, visiter ses amis, découvrir une exposition, un site du patrimoine ou assister à un spectacle dans une commune voisine.

Nous nous félicitons ainsi que les travaux des lignes 14 et 15 du métro aient enfin démarré, tout en demeurant extrêmement vigilants pour que les délais soient tenus et que chacun, chacune puisse bénéficier le plus rapidement possible de ces nouveaux transports. Notre vigilance n’est d’ailleurs pas vive qu’à ce sujet.

L’esprit constructif qui nous anime ne nous rend cependant pas naïfs. Il ne nous empêche pas de dénoncer le danger de voir l’attractivité et la compétitivité devenir les deux mamelles du Grand Paris, en cherchant à attirer les touristes et les multinationales sur les seuls pôles que certains décideraient de mettre en lumière.

Il faut allumer la lumière partout !

Devant le flou qui règne encore sur le partage des responsabilités dans de nombreux domaines de compétences, de même que sur les financements, le risque est grand, en effet, d’assister à la lutte des places et de voir des collectivités territoriales se poser en rivales, au risque d’oublier que leur raison d’être, comme leur nom l’indique, est de jouer collectif.

Il ne fait aucun doute, pour nous, que la métropole qui se construit doit être à l’image de la richesse de son agglomération tout entière, nourrit par la diversité de ses populations autant que par la mixité des usages et des cultures. Pour cela, encore faut-il que l’espace métropolitain se pense avec et pour ses habitants, ses salariés et ses visiteurs, sans sacrifier les premiers à ces derniers.

Si les dernières réformes territoriales ont bouleversé l’organisation des collectivités, sans consultation des citoyens, nous voulons travailler à ce que rien ne se fasse, ici, sans eux. Vos intérêts demeurent notre unique boussole. Cette même boussole qui a guidé la proposition de loi présentée récemment au Sénat par Christian Favier pour tenter d’imposer 30 % de logements sociaux dans le périmètre des futures gares du Grand Paris Express, afin de favoriser la mixité sociale et lutter contre la spéculation immobilière.

Comment faire en sorte que la construction métropolitaine corrige les ségrégations urbaines et sociales ? Comment permettre que tous les services dont les populations ont besoin leur soient facilement accessibles en tout point du territoire ? Quel projet de développement économique, social, mais aussi culturel ?

Là est l’enjeu des mois à venir, car si le livre du Grand Paris est désormais ouvert, bien des pages restent à écrire…

Evelyne Rabardel

1ère vice-présidente en charge des Collèges, de l’Action pour la réussite éducative, de la Culture, de I’Archéologie, du Patrimoine culturel, des Archives départementales et du Travail de mémoire

CICE : les Val-de-Marnais réclament vérité et transparence

Rassemblés lors d’une réunion publique à la Maison des syndicats de Créteil, à l’initiative du groupe Front de gauche au conseil départemental du Val-de-Marne, des citoyens, élus, salariés, syndicalistes, chefs d’entreprise, jeunes et privés d’emploi ont débattu du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE).

Alors que la ressource publique se raréfie et pèse fortement sur les services publics rendus aux populations, notamment dans les départements, le coût du CICE, plus de 20 milliards d’euros par an n’est, lui, pas remis en question.

C’est un triple non-sens : économique, social et politique.

Le CICE a pourtant échoué sur plusieurs points essentiels. Il a été d’abord accaparé par les grands groupes, notamment du commerce et de la distribution.

Deux secteurs sans risque de délocalisation…

Ensuite, plutôt que de favoriser des embauches, il a d’abord été utilisé comme de l’argent frais, sans aucune contrepartie. À 23 milliards d’euros en 2017, il est le paquet cadeau le plus cher de France. Pire, de nombreux grands groupes ayant bénéficié du CICE (Alstom, SFR…) ont malgré tout licencié, tout en augmentant les rémunérations de leurs actionnaires !

Le manque de contrôle et de transparence, tant en amont qu’en aval, du versement du CICE va totalement à l’encontre des objectifs de transparence et d’efficacité de l’action publique.

S’agissant d’une dépense aussi massive (129,5 millions d’euros en Val-de-Marne en 2015), il faut au contraire redonner aux collectivités locales les moyens nécessaires au développement de l’attractivité économique des territoires, au réel soutien aux petites et moyennes entreprises, et au combat pour l’égalité entre tous les citoyens par des services publics utiles aux populations (action sociale, lutte contre les inégalités, financement des collèges, des transports, etc.).

Les citoyens doivent pouvoir contrôler démocratiquement l’utilisation de l’argent public.

Notre collectivité départementale est un acteur majeur et déterminé à soutenir le développement et l’attractivité de nos territoires, au travers d’un très haut niveau d’investissement public avec une inscription de 240 millions d’euros au budget 2016.

Nous entendons bien poursuivre cette dynamique, en faveur d’un développement durable, équilibré et solidaire du Val-de-Marne, autour de projets fédérateurs, innovants et créateurs d’emploi pour ce territoire qui ne manque pas d’atouts et de perspectives attractives… comme notre candidature pour accueillir l’Exposition universelle.

C’est donc en prenant en compte l’ensemble de ces enjeux que notre groupe d’élu-e-s a publiquement pris position pour l’installation d’un observatoire départemental sur l’utilisation et l’impact du dispositif CICE.

Cet observatoire, nous le souhaitons ouvert à l’ensemble des acteurs concernés, respectueux de leur identité et de leur champ d’action. Nous le concevons comme un outil partagé pour évaluer l’impact du CICE, en matière d’investissement et d’emploi, d’efficience des fonds publics…

Nous avons la conviction que la mise en place de cet observatoire, avec votre apport, peut constituer un cadre démocratique utile au développement et au mieux-vivre en Val-de-Marne.

Pascal Savoldelli

La culture, c’est l’échange, le partage

Répondons « la culture rassemble, favorise les rencontres, transporte dans d’autres mondes, fait s’émouvoir, rêver, instruit, permet la découverte, surprend, suscite le débat, informe… » La culture, parce qu’elle est polymorphe, peut trouver partout son public.

Elle peut appartenir à la sphère privée, demeurer confidentielle, être le fruit d’expressions intimes mais elle peut aussi relever de la responsabilité publique, devenir un bien inaliénable. La culture est un des leviers les plus importants pour produire du sens.

La culture est l’essence même de la reconnaissance de l’autre et de sa connaissance, la culture est à la naissance du respect mutuel parce qu’elle amène à l’échange, au partage. Elle suscite des questionnements, des interrogations.

La culture peut passer par un apprentissage académique, mais aussi par des voies originales, intuitives. La culture est un apprentissage en elle-même (musique, histoire des arts, arts plastiques, arts appliqués, dessins techniques…).

La culture est absolument nécessaire car l’ignorance fragilise voire détruit une société. Elle doit demeurer libre pour rester un espace de débat, de critique. L’argent public investi dans la culture permet de soutenir la création artistique, de construire des lieux culturels, de garantir un libre accès de tous à cette création, à ces lieux.

La liberté culturelle s’amoindrit parce que les acteurs politiques sont de plus en plus frileux face à elle. Ils ne la connaissent pas ou peu mais surtout, ils n’ont plus le courage de la revendiquer. Or, les événements actuels de par le monde nous prouvent que nous devons nous battre pour cette liberté culturelle et cesser de vouloir mettre sous contrôle tout geste et toute pensée artistiques. Quand de nombreuses collectivités réduisent à peau de chagrin leurs budgets culturels, le Conseil départemental, lui, continue de s’emparer de ce formidable vecteur de communication, d’échange, de créativité et perdure dans cette politique. Une politique intersectorielle qui traverse de nombreux champs de l’intervention publique, allant de l’éducation à l’environnement en passant par l’économique, l’action sociale pour n’en citer que quelques-uns. La culture au Département est organisée autour de trois thématiques « la création, la transmission, la solidarité ».

Et l’on voit le Val-de-Marne fourmiller de créations originales, telles que la Biennale des poètes, la Biennale de la danse, le Festi’Val-de-Marne, Sons d’hiver, les événements culturels du MAC/VAL et de la Briqueterie… Ces initiatives se renouvellent chaque année grâce au soutien financier du Conseil départemental et par les démarches démocratiques, qu’il a su développer avec les acteurs culturels.

Alain Audhéon

L’investissement du Département, créateur d’emplois. À contre-courant ?

Dans toute leur diversité et dans tous les domaines, les citoyennes de notre pays sont de plus en plus nombreux à s’indigner et à refuser les évolutions négatives de notre société qui fourmille pourtant d’un potentiel énorme de progrès social et d’émancipation dans cette période de crise mais aussi de profondes mutations.

À coup de matraquages médiatiques au langage limité à « réforme », « austérité », « dettes », les gourous du CAC 40, patrons des multinationales, les donneurs d’ordre et de leçons tentent de verrouiller leur système, celui qui les gave depuis des décennies sur le dos du plus grand nombre.

Cela ne suffit pas ! À travers leurs lois (françaises ou européennes), comme la loi « travail », ils exigent plus de « flexibilité », plus d’« adaptation »… Il y aurait encore trop de services publics ! Trop d’impôts !

Face à la montée de la grogne sociale, et à bout d’arguments, le gouvernement joue le 49.3, bafouant le débat et la liberté d’expression. Paradoxalement, la droite, porteuse il y a peu d’un tel projet de loi, se place aujourd’hui contre, avec la ferme intention de faire encore pire.

Quelle société, quel collectif peuvent se dessiner lorsque les discours et les actes de nos dirigeants ne font qu’amplifier les paradoxes, lorsque leurs salaires indécents nourrissent les conflits? Comment faire quand il n’y a plus d’écoute et de démocratie dans le dialogue social ? Comment grandir sereinement quand la mise en concurrence est le modèle et que le « tout consommation » reste une finalité que beaucoup contestent ?

Dans cette mouvance revendicatrice, il y a « Nuit debout » et l’émergence d’une volonté de penser le monde autrement. Les revendications qui animent ces mouvements questionnent le système économique et social, les institutions et l’écologie. Ils expriment la volonté d’une autre politique, loin des systèmes à bout de souffle.

La vague « Panama papers » a révélé les milliards qui échappent à l’économie réelle des États. Ces révélations jettent un pavé dans la quiétude du pouvoir de l’argent. Elle marque un tournant, nous l’espérons, vers la fin de pratiques irresponsables.

Alors, y a-t-il trop de dépenses publiques ? Trop de service public pour l’amélioration du quotidien des citoyens ? Trop d’impôts ? Ou bien, trop de fraudes, de mensonges, d’impunité ou de mépris pour l’humain ? Nous sommes convaincus qu’il y a d’autres façons de penser l’économie et que les moyens financiers existent pour le mieux vivre de toutes et tous.

Dans le Val-de-Marne, nous nous posons à contre-courant du modèle libéral.

Le 23 mai dernier, l’assemblée départementale votait son compte administratif, actant une augmentation en 2015 de 27,9 % de l’investissement par rapport à 2014. Cela s’inscrit dans un effort permanent depuis des années en faveur de l’emploi en Val-de-Marne qui est reconduit en 2016.

À travers l’investissement dans des projets structurants comme la Cité de la gastronomie, le pôle d’Orly, le campus Grand-Park à Villejuif, les projets de mutation urbaine (Champigny, Vitry), ce sont 65 000 emplois potentiels concernés.

À contre-courant encore, le groupe Front de gauche a demandé au préfet la création d’un observatoire chargé de la transparence sur les fonds de l’État versés aux entreprises et de surveiller leur utilisation en faveur de l’emploi.

À contre-courant toujours, notre groupe se fera lanceur d’alertes, afin de relayer les besoins et les préoccupations de la population auprès des nouvelles instances de décisions, dans les territoires et dans le cadre de la métropole. Nous resterons un échelon de proximité, un service public (utile, innovant, écologique) attentif et solidaire !

Nous vous souhaitons à toutes et tous une belle période estivale.

Sokona Niakhaté

Les droits des femmes au cœur des enjeux de société

Les violences faites aux femmes et les inégalités envers les femmes, qui demeurent malheureusement dans notre pays, prennent des formes multiples, physiques, psychologiques, sociétales et professionnelles.

Si de nombreux droits des femmes ont été conquis par des luttes acharnées depuis la Libération (droit de vote, droit à disposer d’un compte bancaire, droit au divorce, droit à l’avortement…), des évolutions de l’image et des statuts de la femme dans notre société redeviennent, aujourd’hui, très préoccupantes.

Notre groupe Front de gauche (PCF-PG- Citoyens) partage et soutient l’action de toutes celles et ceux qui portent les valeurs d’égalité et de justice sociale jusque dans les combats féministes qui s’expriment de plus en plus dans des convergences populaires.

La bataille contre le projet de loi Travail dit « loi El Khomri » est aussi, fondamentalement, un combat contre la précarisation des femmes dans tous les aspects de la vie sociale. L’enjeu est considérable !

Le renforcement de la flexibilité du temps de travail et l’augmentation de ses durées maximales sont en totale contradiction avec les indispensables recherches d’harmonie entre vie professionnelle et vie familiale. Si le principe des accords dits de « compétitivité » était adopté, le risque serait encore plus grand pour les femmes que pour les hommes, puisqu’ils permettraient aux employeurs d’imposer une modulation des horaires de travail, des salaires et de la mobilité… réclamée par le MEDEF pour qui l’impact du projet de loi El Khomri en termes d’égalité hommes-femmes est très loin de ses préoccupations.

À cet égard, l’avis rendu le 11 mars dernier par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, rattaché au ministère des Droits des femmes, est clair et sans équivoque. On peut y lire qu’« un déséquilibre apparaît dans ce texte en défaveur des salarié(e)s et singulièrement des femmes (…) Même si ces mesures ne visent pas explicitement une dégradation de la situation des femmes, elles auront un impact négatif sur elles. Il s’agit bien d’un risque de discrimination indirecte. »

En 2008, le Conseil général a signé la charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, qui se présente comme un programme de politique territorial pour l’égalité et un guide des actions concrètes qui peuvent en découler.

Nous sommes ainsi pleinement engagés dans un plan d’action pour l’égalité, contre toutes formes de discriminations et pour valoriser les actions menées sur tout le territoire val-de-marnais par les collectivités territoriales et les associations.

C’est dans cet esprit qu’a été mis en place l’Observatoire de l’égalité femmes/hommes, structure pionnière créée par le Conseil général en 2000, rassemblant élu(e)s, associations et personnalités. Cet observatoire agit en faveur de l’égalité professionnelle, de la mixité au travail, de la lutte contre les violences conjugales ou encore pour le respect mutuel entre filles et garçons dans les collèges. Il a vocation à sensibiliser la population val-de-marnaise et les services départementaux à cet énorme enjeu de société. Depuis sa création, il existe dans les structures départementales (PMI, espace des solidarités…) des points rencontre pour échanger, s’informer sur la thématique des violences faites aux femmes.

C’est aussi pourquoi nous sommes profondément attaché(e)s au cadre professionnel et familial que le statut de la fonction publique territoriale permet de garantir pour les 8 000 agents départementaux, féminins à plus de 70%.

Lamya Kirouani

Projet de loi El Khomri : Un recul de société

Malgré les prétendus reculs annoncés par le gouvernement, la réforme du Code du travail dite « loi El Khomri » fait brutalement disparaître des droits sociaux et généralise un peu plus la précarité.

S’il s’appliquait aujourd’hui, ce projet de réforme ne ferait qu’aggraver les inégalités et les conditions de vie de millions de salariés déjà fortement fragilisée par le chômage sans le faire reculer.

Son contenu, directement inspiré des exigences du MEDEF, frappe tout particulièrement les femmes et les jeunes en développant le salarié jetable comme la norme. Pourtant, déjà 82 % des embauches dans le Val-de-Marne sont faites en CDD, notamment chez les jeunes.

Les femmes seraient aussi fortement touchées. Alors que le temps de travail est le premier facteur de discrimination, le projet de loi renforce considérablement la flexibilité et augmente les durées maximales de travail. Pire, la loi offre les possibilités pour l’employeur de modifier plus encore, et de façon unilatérale, les horaires et le temps de travail sans déclencher d’heures supplémentaires.

Pourtant la flexibilité des travailleurs, les Val-de-Marnais connaissent déjà :

37,2 % sont touchés par le travail du dimanche, 35,7 % par le travail de soirée (20 h – 24 h), 23,3 % par les horaires variables. Les textes déjà en vigueur permettent cela, sans réforme. Cet état de fait nuit d’ores et déjà à la vie familiale, à l’épanouissement et génèrent les temps partiels subis et les faibles salaires…

Le maintien de la possibilité pour une entreprise de licencier sans avoir de difficultés est un très mauvais signal envoyé à tous ses salariés. Et pour rajouter à l’injustice, même quand le licenciement est injustifié, la loi El Khomri supprime le minimum de six mois de salaire au titre des dommages et intérêts.

Est-ce la société que nous voulons ? Est-ce cela que la France doit laisser en héritage aux jeunes générations ?

Depuis des années, on nous rabâche qu’il faudrait baisser le « coût du travail » pour que les entreprises puissent être plus compétitives, pour investir et créer des emplois. Or, les 40 dernières années ont démontré l’inefficacité des cadeaux patronaux et des attaques au Code du travail pour relancer l’économie et faire baisser le chômage.

Les solutions se situent donc ailleurs : il est urgent de baisser le coût du capital au nom de l’efficacité sociale, de ne plus apporter de soutien public aux entreprises sans contrepartie chiffrée et contrôlée. Mettre fin à l’austérité en augmentant les salaires, les retraites, les pensions, les minima sociaux et le point d’indice des fonctionnaires, pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages et relancer ainsi l’économie aux côtés d’investissements publics.

Vous pouvez compter sur les élu-e-s du Front de gauche pour faire valoir d’autres choix pour le travail et les salarié-e-s. Nous resterons mobilisé-e-s aux côtés des syndicats, des travailleurs, des jeunes, jusqu’au retrait de cette réforme inacceptable du Code du travail et pour exiger de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés, pour une société d’émancipation humaine.

Exigeons ensemble l’état urgence sociale.

Flore Munck