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78% des Val-de-Marnais.es opposés à la disparition du Département. Ils doivent être entendus !

Lors de la Conférence nationale des territoires du 17 juillet, le Président de la République déclarait : «si nous voulons que le Grand Paris réussisse à l’échelle de ce qu’est la compétition internationale, (…) nous avons besoin de simplifier drastiquement les structures.»

Ainsi, Emmanuel Macron reconnaît que la métropole du Grand Paris ne fonctionne pas, mais en déduit qu’il faut supprimer des collectivités, confondant simplicité et simplisme.

Avec la suppression des départements de la petite couronne et le transfert de leurs compétences à la Métropole, cela signifierait la fin du département du Val-de-Marne et l’éloignement des citoyen.nes des lieux de décision.

L’absence totale de débat public et de transparence en dit long sur la volonté du pouvoir de taper vite et fort. Ainsi, la prochaine Conférence territoriale du Grand Paris pourrait clore le sujet, avec le dépôt d’un projet de loi éventuellement complété par des ordonnances, sans consultation réelle des citoyen.nes et de leurs élu.es locaux.

Ce processus express est lourd de danger pour les populations et les collectivités territoriales. Supprimer le département, c’est supprimer une collectivité indispensable aux populations, mais aussi aux communes, avec lesquelles le département a construit de forts liens de partenariat, sans tutelle.

Ce serait la fin de nombreuses politiques publiques volontaires et utiles, développées depuis quatre décennies, qui structurent l’intervention territoriale quotidienne des 8.000 agents départementaux, au service des 1,35 million d’habitant.es du Val-de-Marne.

Un sondage IFOP vient de confirmer que 78% des Val-de-Marnais.e.s interrogés sont attachés au département et opposés à sa disparition.

Ils estiment que la Métropole constituerait une menace pour les politiques publiques en Val-de-Marne. En supprimant le département au profit d’une structure métropolitaine hyper-centralisée et technocratisée, les partisans d’un Grand Paris concurrentiel des grandes métropoles mondiales entendent livrer aux puissances financières des pans entiers de l’action publique, des biens communs et du droit.

Si les collectivités territoriales rencontrent des difficultés croissantes pour mener à bien leurs projets, c’est principalement sous l’impact de la réduction des moyens financiers que l’État leur a imposé.

Un tel bouleversement métropolitain ne peut être débattu sans qu’aucune évaluation sérieuse de la mise en œuvre des lois Maptam-NOTRe, sans qu’aucune étude d’impact n’aient été menées.

C’est donc un nouveau coup de force contre les services publics et leurs agents, contre les populations et leurs élu.es des communes et départements qui sont les derniers remparts qui les protègent.

Vous connaissez la détermination des élu.es de notre groupe, de la majorité départementale rassemblée autour du Président Christian Favier, pour garantir l’intérêt des populations, des communes et des départements de banlieue. Vous le savez d’expérience, ensemble, nous avons toujours défendu la capacité des collectivités locales à conduire leurs missions, avec l’organisation territoriale issue des grandes lois de décentralisation de la République : la commune, le département et la région.

Nous réaffirmons l’intérêt de développer des coopérations volontaires, des projets partagés, cette intercommunalité de projet qui fait sens et s’oppose à l’intégration forcée.

C’est dans ce sens que peut se concevoir un projet métropolitain inclusif et coopératif, rassemblant la Région, les Départements et le bloc communal.

Mais, il ne peut y avoir de développement territorial sans développement démocratique ! Pour nous, cela exige d’engager un large débat public, associant la population, les usagers du service public, les forces vives du Val-de-Marne et les élu.es.

Comme l’expriment 71% des Val-de-Marnais.es, toute évolution de l’organisation territoriale ayant un impact sur la vie quotidienne des populations devra se décider par référendum. RIEN NE PEUT SE FAIRE DE DURABLE SANS LES VAL-DE-MARNAIS.ES, ET ENCORE MOINS CONTRE EUX !

 

Les élu.e.s du groupe Front de Gauche (PCF-PG-Citoyens) :

Fatiha Aggoune, Alain Audhéon, Corinne Barre, Pierre Bell-Lloch, Nathalie Dinner, Christian Favier, Pierre Garzon, Didier Guillaume, Marie Kennedy, Lamya Kirouani, Jeannick Le Lagadec, Flore Munck, Sokona Niakhaté, Evelyne Rabardel, Gilles Saint-Gal, Pascal Savoldelli, Hocine Tmimi, Ibrahima Traoré.

Enseignement supérieur pour toutes et tous : le chemin de l’émancipation

Pour l’historien Emmanuel Todd, la fracture n’est plus seulement sociale. Le nouveau paysage se dessine aussi sur une fracture éducative. Cette analyse n’a pas manqué d’attirer mon attention en cette rentrée universitaire, où les appels de jeunes bacheliers en détresse se multiplient : SOS RENTREE est donc plus que jamais utile au quotidien de ces jeunes.

En effet, cela avait été annoncé : les années 2017, 2018, et 2019 voient arriver les baby-boomers de l’an 2000 à l’université. Cependant, l’Etat n’a pas anticipé la hausse démographique. Au contraire, depuis la loi d’autonomie des universités de Valérie Pécresse suivie de la loi Fioraso, les universités doivent gérer avec une enveloppe annuelle les bâtiments et le personnel, la recherche et les étudiants. Cependant, cette dotation augmente bien moins vite que le nombre de bacheliers à accueillir…

Les universités font donc la course aux financements extérieurs. Les crédits distribués dans le cadre d’appels à projets de l’Agence nationale de la Recherche, et du Commissariat général à l’investissement  deviennent dès lors essentiels pour le fonctionnement de l’université.

Pourtant, des analyses montrent que l’organisation de ces appels à projet coûtent presque autant que l’argent distribué ensuite. En clair, l’Etat et les universités dépensent 357 millions d’euros de crédits publics pour obtenir 390 millions d’euros !

Une gestion transparente et soucieuse des deniers publics consisterait à répartir directement de manière pérenne aux universités et aux laboratoires de recherche ces 390 millions d’euros.

Les annonces budgétaires se succèdent :   cet été, coupe franche de 331 millions sur le budget 2017, puis un mois plus tard,  700 millions supplémentaires pour 2018…. Nous serons bien sûr particulièrement vigilants sur le fin de mot de ce budget et pour sa répartition car l’enjeu est bien    d’augmenter les capacités en filière, notamment en créant des postes d’enseignants mais aussi de programmer des investissements immobiliers, pour accueillir ces nouveaux étudiants. Enfin, il s’agit que toutes les universités en profitent et pas seulement quelques-unes….

Ainsi il serait possible de revenir aux fondamentaux de l’université : un enseignement supérieur au service du progrès social qui aurait pour tâche d’émanciper et de qualifier.

Il ne serait plus alors question, comme cela a été le cas pour 60 000 jeunes en France cet été,  de s’inscrire par dépit dans une filière n’ayant aucun rapport avec leur projet de vie. Il est impératif  d’investir massivement sur les premières années, d’inscrire une année zéro pour celles et ceux qui en ont besoin, comme cela a pu déjà être pratiqué à l’Université de Créteil (UPEC), de créer une allocation autonomie pour les jeunes étudiants car étudier est un « travail » en soi, de lancer un plan pour le logement étudiant ainsi que l’accès à la santé.

Nous ne voulons pas du paysage que nous confirme ce gouvernement : d’un côté les universités délaissées et de l’autre les grandes universités internationales qui concentrent tous les moyens. Nous ne voulons pas des « prérequis »annoncés qui risqueraient d’écarter de l’enseignement supérieur les catégories populaires.

Avec les jeunes du Val-de-Marne, nous réclamons notre part de bonheur : nous nous battrons pour que chaque jeune qui en fait le projet puisse accéder à l’enseignement supérieur et y trouve les meilleures conditions pour sa réussite.

A nous les jours heureux !

Jeannick Le Lagadec, conseillère départementale  charge de la délégation Santé, enseignement supérieur, recherche et agriculture périurbaine

Canton de Champigny-sur-Marne 1

L’accès au logement pour toutes et tous, et partout

Au lendemain d’élections majeures pour notre pays et d’annonces inquiétantes du gouvernement, le logement et l’immobilier doivent revenir au cœur du débat public !

Si la qualité et le confort du logement progressent, son impact est grandissant sur le budget des Franciliens. Le logement reste le premier poste de dépenses des ménages, devant l’alimentation et les transports.

Le rapport 2017 de l’enquête INSEE sur le logement en Île-de-France dresse un tableau précis de l’évolution et de la situation actuelle de l’habitat dans notre région. Entre 2006 et 2011, le nombre de logements occupés en Île-de-France est passé de 4,82 à 4,99 millions, soit l’une des plus faibles hausses observées depuis les années 1960, malgré une hausse continue de la demande de logement. Le développement de l’offre de logements neufs est donc une nécessité qui doit mobiliser toute l’énergie des pouvoirs publics (État et collectivités locales). Il faut combler les retards accumulés depuis deux décennies, adapter l’offre de logements aux besoins spécifiques (étudiants, personnes âgées…), répondre aux évolutions démographiques (vieillissement) et sociologiques (croissance des familles monoparentales), et apporter de l’air à un marché asphyxié qui se traduit par des loyers trop élevés pour beaucoup.

Or, le rythme de construction en Île-de-France reste insuffisant pour combler ces retards.

Dynamisme démographique (100 000 habitants en plus en Île-de-France chaque année depuis les années 2000) et évolutions sociologiques provoquent des tensions très fortes sur le marché.

La disponibilité de terrains est essentielle pour augmenter la construction, c’est pourquoi l’État doit encore plus fortement mobiliser le foncier public pour construire du logement. La libération du foncier pour de nouvelles opérations d’aménagement ouvre des perspectives. Dans des territoires en mutation, l’arrivée des gares du Grand Paris Express ouvre concrètement la possibilité de reconstruire la ville dans la ville et d’y garantir, dans ces nouvelles zones d’aménagement, la création de logements sociaux accessibles au plus grand nombre. 30 % de logements sociaux autour des nouvelles gares : c’est un principe que Christian Favier a défendu au Sénat, proposition de loi rejetée par la majorité de droite. Or, 70 % des ménages franciliens sont éligibles au logement social.

Sur la politique de l’urbanisme, du logement et de l’habitat avec la mise en place de la métropole du Grand Paris, les élus de petite couronne ont été contraints d’abandonner leurs compétences et les outils qui avaient démontré leur efficacité, comme leurs offices publics de l’habitat. Ils seront transférés aux territoires, mais ne seront plus une compétence communale, ce qui éloignera leur gestion des problématiques de leur population. Un plan local d’urbanisme intercommunal voit ainsi le jour et définira les orientations de la politique d’urbanisme dans chaque territoire. Il s’imposera aux communes qui seront donc dessaisies de cette compétence.

Il est très significatif, que pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, le logement ne soit associé ni à un ministère, ni à un secrétariat d’État. Le message politique du nouveau pouvoir est clair : faire les poches des familles en difficultés pour gonfler celles des plus riches. D’un côté, 6,5 millions de familles vont subir une baisse de toutes les aides au logement (APL, ALS, ALF), quand selon l’INSEE celles-ci représentent plus de 20 % du revenu des ménages les plus pauvres. Tandis que les plus riches contribuables, assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), vont bénéficier d’une ristourne de 3 milliards d’euros ! Dans le même temps, le gouvernement vient d’annoncer pour 2017 une annulation de crédits de plus de 180 millions d’euros pour la construction de nouveaux logements type PLAI (destinés aux plus modestes) !

C’est l’équivalent de 12 000 logements.

Ainsi, le gouvernement fait le choix d’ignorer l’enjeu de l’accès au logement pour tous et partout, du rôle du logement dans la mobilité professionnelle, de la place des dépenses de logement sur le pouvoir d’achat des ménages, de l’avenir des quartiers et de la vie de leurs habitants.

Hocine Tmimi, Conseiller départemental du canton de Vitry-sur-Seine 2

Macron, le renouveau ? Une illusion dangereuse pour nos droits et nos services publics

La séquence électorale qui vient de se refermer est marquée par le paradoxe de nos institutions à bout de souffle de la Ve République. Jamais un candidat à l’élection présidentielle n’a bénéficié d’un si faible vote d’adhésion qu’Emmanuel Macron. Jamais l’abstention n’a été aussi forte que lors du deuxième tour des récentes élections législatives. Pourtant, Monsieur Macron a été élu président de la République et dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale.

À la tête d’un mouvement né il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron a axé sa campagne sur le thème du « renouveau » et de la jeunesse.

Encore un paradoxe, politique celui-ci, tant la matrice idéologique du nouveau président de la République, pour peu qu’on l’écoute attentivement, peut nous sembler familière. Derrière ces oripeaux, se dessine en effet un projet de société purement néolibéral, on ne peut plus commun chez les représentants politiques de la droite depuis maintenant 40 ans, et que l’on pourrait résumer par ces mots de Margaret Thatcher, première ministre britannique en 1979 : « La société n’existe pas. Il n’y a que des individus, hommes et femmes […] »

Les deux premières mesures annoncées par le candidat élu renvoient d’ailleurs parfaitement à ce credo.

La première est le projet du gouvernement de réformer le droit du travail par ordonnance, c’est-à-dire en écrivant seul la loi, sans débat parlementaire. Cette réforme vise à ampli.er les mesures annoncées (mais non appliquée du fait du mouvement social) et en partie mise en place par la «loi El Khomri ». Les questions relatives au salaire, à la durée du temps de travail, à la dé.nition du travail de nuit… relèveraient de la négociation dans l’entreprise et plus de la loi. Politiquement, l’esprit de ce projet repose sur une idée simple : céder, une fois de plus, sur les droits et les conditions de travail des salarié.e.s là où la loi les protège aujourd’hui permettrait de faire progresser l’emploi. Cette idée n’a rien de nouvelle : elle prévaut depuis plus de 30 ans… et l’on sait empiriquement à quel point elle est inefficace, si ce n’est pour accroître les inégalités ! Pis : ce courant va même à l’inverse de l’Histoire depuis deux siècles, qui voit une amélioration régulière des conditions de travail pour les salarié.e.s à travers les lois et les conquêtes sociales.

La seconde mesure est la fusion des départements de petite couronne parisienne avec la métropole du Grand Paris. Le candidat Macron l’avait annoncé dès avant l’élection présidentielle, ainsi que la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, et une nouvelle purge des finances publiques locales. Mon inquiétude, ainsi que celle des élu.e.s départementaux.ales et du président Christian Favier, ne relève donc pas tant de la défense de l’institution en tant que telle, mais de celle des nombreux services publics rendus aux habitant.e.s. par les départements (solidarités, crèches, parcs, accès au numérique et au transport…). Le projet territorial de M. Macron met au centre une métropole de plus de 7 millions d’habitants, éloignée des citoyens et de leurs préoccupations quotidiennes. Il ne s’agit donc pas de remettre en cause l’éventuelle pertinence d’une métropole pour des questions stratégiques, mais il me semble tout à fait invraisemblable de lui demander de rendre un service public de proximité efficace aux usagers – citoyens. Si, demain, les départements devaient disparaître, qu’adviendrait-il de toutes ces politiques publiques qui, pour certaines, bénéficient à toutes et tous et, pour d’autres, sont essentielles pour permettre aux plus fragiles de boucler, difficilement, leurs fins de mois ? Au regard du courant politique qu’incarne Macron, il y a fort à parier qu’à l’égalité du service public, on substituerait la logique marchande… et donc l’exclusion de toute une partie des bénéficiaires actuels de ces services. Là aussi, cette décision viendrait accroître les inégalités qui rongent déjà terriblement notre société, et plus encore l’agglomération parisienne.

Comme on le voit, le discours d’un «renouveau » porté par M. Macron ne résiste donc pas bien longtemps à l’analyse de la vision de société et des intérêts qu’il porte : il est plutôt le parfait héritier d’un courant politique que nous ne connaissons que trop bien. Nous savons donc déjà quoi lui opposer : un discours d’émancipation et de progrès social et écologique, que porteront nos élus au Parlement, au Département et dans nos villes, aussi bien que dans la rue, pour la défense de nos intérêts.

Didier Guillaume, Vice-président du Conseil départemental en charge de la Coopération décentralisée, des Relations et solidarités internationales et de l’Action en faveur de la paix

Canton de Choisy-le-Roi

Fermetures de classes, de bureaux de poste, de commissariats… : refusons la disparition de services publics entiers dans nos villes !

L’actualité de ces dernières semaines démontre une nouvelle fois que les logiques libérales détruisent ce à quoi nous sommes collectivement attachés. Trois exemples très concrets concernent le Val-de-Marne et votre commune à l’image de ce que vit notre pays.

Des fermetures de classe… et des non-remplacements chroniques d’enseignants

Alors que la rentrée scolaire 2017-2018 se prépare, le rectorat exige 79 fermetures de classes (dont 36 conditionnelles) dans notre département. Seulement 28 ouvertures sont prévues pour plus de 1 600 nouveaux élèves !

Or, les conséquences sont nombreuses et néfastes pour la réussite scolaire des élèves. L’augmentation des effectifs par classe pèse sur chaque enfant et sur les équipes pédagogiques. À cela s’ajoute le problème criant des non-remplacements d’enseignants en cas d’absence, même prolongée. Parmi les villes concernées, les parents d’élèves de Villejuif se sont particulièrement mobilisés devant une situation des plus tendues de France.

Face à ces réalités, qui peut nier le besoin de recrutement d’enseignant.e.s ?

Fermer des bureaux de poste ? Ils sont timbrés !

Depuis le début de l’année, quatre bureaux de Poste ont été fermés dans notre département.

Pour la première fois en France, un rassemblement représentatif de seize communes d’un même département a eu lieu devant le ministère, à l’appel de Christian Favier et de l’Association des maires du Val-de-Marne, pour dénoncer ces fermetures et relayer l’inquiétude des habitants.

Malgré cela, nous avons appris que cinq nouvelles fermetures étaient programmées cette année à Villejuif, Saint-Maur, Boissy, Fresnes et Villeneuve-le-Roi. C’est une conséquence très concrète pour les habitants de l’austérité et de l’acharnement libéral contre les services publics. Pourtant, les bénéfices du groupe La Poste ont bondi en 2015 et 2016. Mieux encore, La Poste a touché 318 millions d’euros d’argent public pour la seule année 2015 grâce au fameux CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) ce cadeau fiscal payé par tous les consommateurs pour enrichir les entreprises, y compris celles qui licencient…

Un commissariat sur deux menacé ?

Fin mars, les organisations syndicales ont dévoilé un projet de réorganisation des dix-huit commissariats de police du département.

Ce projet prévoirait le redéploiement des policier.ère.s vers quelques «méga-commissariats », au détriment des commissariats d’Ivry, Thiais, Alfortville, Saint-Maur, Charenton, Vincennes, Nogent et Chennevières. Nul n’est dit sur le devenir de la présence des gardiens de la paix dans ces communes. L’hypothèse de la fermeture pure et simple resterait même ouverte.

Une fois de plus, c’est à l’exact opposé des besoins que les logiques libérales poussent le service public dans le mur. Pour répondre aux enjeux de la société, la police doit être plus proche du terrain, plus en contact avec les habitants, repenser sa relation aux jeunes et être mieux dotée en moyens humains et en locaux décents.

En défendant la baisse des dépenses publiques au niveau national, la droite et les libéraux ne précisent jamais les conséquences concrètes de tels choix sur la vie des habitants, sur le quotidien de tous, riches et pauvres, jeunes ou moins jeunes.

Ils aiment à faire croire que le service public serait réservé à certains d’entre nous alors qu’il est universel. Ils aiment annoncer la suppression de plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires, sans préciser quels postes pour quelles conséquences.

Pourtant, l’argent existe dans notre pays. Les richesses s’accumulent pour quelques grands groupes qui refusent de payer les impôts, de contribuer au développement de notre pays, de financer les services publics. N’oublions pas que l’évasion fiscale coûte chaque année près de 80 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État, pour nous tous. C’est à cela qu’il faut s’attaquer, pas à nos écoles, pas à nos bureaux de Poste, pas à nos commissariats.

Comme des milliers de Val-de-Marnais, nous, élu.e.s Front de gauche (PCF-PG-Citoyens), refusons ces coups portés à nos vies quotidiennes et à la qualité de vie dans notre département. Et nous le faisons au Conseil départemental, dans les conseils municipaux comme dans la rue et au Parlement, sans double jeu, ni ambiguïté.

Pierre Garzon, Vice-président en charge des Transports, des Déplacements, des Circulations et des Infrastructures routières

Canton de Villejuif

Pour une égalité réelle femmes/hommes, agir au quotidien et collectivement

En France comme en Val-de-Marne, 52 % de la population est féminine. Et nationalement, 53 % des votant.e.s sont des femmes.

Sexisme, harcèlement, discrimination salariale et à l’embauche… les femmes sont les premières concernées par les inégalités de salaire et de retraite, par le temps partiel subi, le chômage, les emplois précaires. Elles sont majoritairement en charge des tâches domestiques et familiales, minoritaires dans les postes de responsabilité politique ou économique. Elles sont trop souvent victimes de multiples formes de violences : physique, psychologique, verbale, sociétale.

L’égalité femmes/hommes est un objectif politique porté depuis toujours par les élu.e.s Front de gauche, afin que les mêmes libertés et les mêmes droits soient accordés aux femmes et aux hommes. Le progrès social, l’émancipation sont des valeurs que nous portons et défendons pour une société toujours plus juste et plus égalitaire.

Dès lors que les droits des femmes régressent, c’est l’ensemble de la société qui régresse. Et, a contrario, dès lors que les droits des femmes progressent, c’est l’ensemble de la société qui progresse.

En cette période d’échéances électorales majeures, la question du renforcement ou non des droits des femmes est l’objet d’orientations et de propositions politiques de nature diverse qui méritent attention et vigilance.

Certains font la part belle aux partisans de la Manif pour tous et aux adeptes de la remise en cause du délit d’entrave à l’IVG. D’autres, parfois les mêmes, s’emploient à laisser entendre qu’ils ou elles seraient les meilleur.e.s garant.e.s des droits des femmes, quand bien même les parlementaires de leurs familles politiques s’opposent régulièrement à toute avancée des droits des femmes.

L’égalité femmes/hommes peut être aussi remise en cause de façon plus insidieuse. Ainsi, les droits des femmes sont durement impactés par des mesures législatives, à l’image de la récente loi El Khomri imposée à coup de 49-3.

Des inégalités déjà très fortes risquent d’être renforcées, alors que les femmes gagnent déjà en moyenne 25% de moins que les hommes. En Val-de-Marne, les chiffres officiels font état d’un écart salarial de 20 %, et 21 % des femmes y occupent un emploi à temps partiel contre 8 % pour les hommes. Leur retraite s’en trouve donc largement amputée.

Prôner la suppression de 120 000 ou 500 000 postes de fonctionnaires sur cinq ans, c’est non seulement dégrader et affaiblir les services publics locaux, mais cela affectera grandement l’emploi des femmes salariées, elles qui représentent 62 % de l’emploi dans les fonctions publiques, notamment à l’hôpital.

Les luttes menées depuis des décennies, toutes et tous ensemble, ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est à force de mobilisations, de travail et d’engagements collectifs que nous arriverons à faire progresser la société.

Nous le savons, l’action publique peut réduire les inégalités.

La majorité départementale s’est toujours impliquée par une politique intégrée et audacieuse en la matière, comme notamment lors de la création de l’Observatoire de l’égalité femmes/hommes en 2000.

Les élu.e.s Front de gauche du Département s’engagent au quotidien pour que l’égalité soit réelle, actée et respectée. En développant une politique toujours plus volontariste, que ce soit dans la lutte contre les stéréotypes sexistes qui contribuent aux inégalités salariales, dans le développement d’un véritable service public ou bien dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

L’égalité femmes/hommes s’inscrit dans l’ensemble de nos politiques départementales. Nous en avons fait une exigence politique forte pour plus de justice sociale et d’émancipation ; pour que l’ensemble des droits humains progresse.

Fatiha Aggoune, Vice-présidente du Conseil départemental en charge de la Jeunesse, de la Vie associative, de l’Observatoire de l’égalité, de la Lutte contre les discriminations, des Droits humains et des Droits des migrants.

Faire vivre la démocratie de proximité

Les principaux.ales candidat.e.s à l’élection présidentielle ont pu s’exprimer devant l’Assemblée des départements de France sur l’avenir des départements. Le choix des électrices et électeurs qui s’exprimeront les 23 avril et 7 mai aura inévitablement des conséquences sur l’avenir des collectivités territoriales et le quotidien de leurs habitant.e.s.

Pour nous, le futur président de la République et le gouvernement devront restituer leur pleine autonomie financière aux collectivités, leur donnant ainsi les capacités d’être de véritables leviers de la relance économique. C’est ce que défend notamment Jean-Luc Mélenchon. C’est seulement dans ce cadre que les collectivités pourront conserver leur rôle moteur, par la relance de grands investissements d’équipements et d’infrastructures. Utiles aux entreprises et aux personnes privées d’emploi, ces investissements sont à la base d’un cercle vertueux pour l’économie. En coopération, les unes avec les autres, les différentes collectivités (régions, communes, départements) contribuent ainsi au développement de notre pays en répondant aux besoins des populations. C’est leur travail quotidien qui permet de définir les investissements nécessaires à un développement équilibré et écologique de nos territoires.

Face à cela, les candidat.e.s pro-austérité dévoilent leur lot de réductions budgétaires ou de suppressions de postes de fonctionnaires. « 120 000 » dit l’un, «500 000 » renchérit l’autre. Qui dit mieux !

C’est cette politique irresponsable que nous refusons car elle ne fait qu’aggraver le chômage et effacer le service public. Cette politique provoque des fermetures de bureaux de poste là, des services hospitaliers débordés ici… Mais l’austérité, c’est aussi des centaines de milliers d’emplois menacés dans le BTP, dans l’économie sociale et solidaire. C’est une activité économique qu’Emmanuel Macron ou François Fillon proposent de saborder en contractant l’investissement public.

Ils vont ainsi jusqu’à imaginer la suppression des départements au sein de la métropole, dans un grand ensemble où les décisions locales seront prises à bien plus grande échelle, loin des préoccupations et sans proximité avec les citoyen.ne.s du Val-de-Marne. Mais surtout, avec le risque de ne pas respecter la spécificité des politiques publiques conduites en Val-de-Marne.

Ces politiques de solidarité, comme la prise en charge de la moitié de la carte Imagine R, comme les crèches départementales, comme Ordival… Qui mènera demain ces politiques ?

D’autres candidat.e.s proposeront, eux.elles, d’opposer les moins favorisé.e.s aux plus démuni.e.s, en discriminant les bénéficiaires des politiques de solidarité. Sous couvert de « justice », ils.elles s’apprêtent en réalité à proposer le travail obligatoire gratuit pour tou.te.s les bénéficiaires des minima sociaux et notamment le RSA.

Nous devons, au contraire, affirmer lors de cette élection présidentielle, la nécessité de renforcer le couple commune-département, en redonnant aux départements les moyens légaux et financiers pour assumer leurs missions.

Il faudra aussi s’exprimer en faveur d’une « nouvelle décentralisation », démocratique celle-ci, car fondée sur l’indispensable intervention des citoyennes et des citoyens.

Moderne, elle devra tirer les conséquences de la loi NOTRe et de ses « schémas régionaux » qui ont, avec les métropoles, délesté l’échelon départemental d’une partie de ses compétences et de ses moyens. Éloignant le.la citoyen.ne des centres de décisions, cette loi accroît les inégalités. Il est temps d’y mettre fin.

L’élection présidentielle et les législatives compteront pour préserver l’avenir de nos départements et de nos communes, rétablir la libre administration des collectivités territoriales, dont le principe figure dans la Constitution, et faciliter ainsi les coopérations entre elles, en faveur de leurs habitant.e.s et donc de notre quotidien.

Notre choix, c’est celui de l’avancée d’une nouvelle République, sociale, démocratique, écologique et solidaire, utile pour le Val-de-Marne et ses habitant.e.s.

Pierre Bell-Lloch, Vice-président du Conseil départemental en charge de l’Insertion professionnelle, de l’Emploi, de la Formation, des Relations avec le monde du travail, de l’Économie sociale et solidaire, du Commerce équitable, de l’Eau et de l’Assainissement.

Canton de Vitry-sur-Seine 1

Le logement, un droit universel pour toutes et tous !

En Val-de-Marne, nous sommes conscients de la crise du logement actuelle et des difficultés que rencontrent les locataires et les demandeurs de logement. Nous ne lâcherons pas notre combat pour un logement digne, accessible et durable pour toutes et tous et partout.

Le logement est un droit fondamental, un acquis universel qui est malmené depuis de trop nombreuses années. Dans un contexte socio-économique qui, chaque jour, accroît les difficultés financières des ménages, le logement n’est pas épargné. Ce sont des millions de personnes qui souffrent du mal-logement, de logements insalubres, ce sont des millions de familles qui ne peuvent accéder à un logement digne de qualité.

Le logement social est une réponse contre le mal-logement, pour l’accès à un logement de qualité pour les familles les plus fragilisées et modestes. Le logement social est une idée noble dans tous les sens du terme, une idée à laquelle nous avons sur nos territoires, dans nos départements, dans nos villes, donné corps et vie. C’est une idée qu’il ne faut en aucun cas abandonner.

Quand, dans une crise du logement sans précédent, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, prend la décision de ne plus subventionner la construction de logements sociaux dans les villes qui en comptent plus de 30 % sous couvert de « mixité sociale », de ne plus subventionner la réhabilitation du parc, nous nous insurgeons.

Retirer le moindre euro au logement, c’est encourager et faire perdurer le mal-logement, l’insalubrité ou encore, les marchands de sommeil. Il ne faut pas opposer les besoins entre eux, l’attitude de la droite régionale est abjecte.

En Val-de-Marne, ce sont près de 80 000 personnes ou familles qui sont enregistrées comme demandeuses de logement social. En Val-de-Marne, 15 villes sur 39 ont plus de 30 % de logements sociaux sur leur territoire, quant à l’inverse, six villes sont parmi les villes les plus carencées en termes de logement social.

Prendre la décision de ne plus financer les projets dans les villes qui auraient trop de logements sociaux, et subventionner les villes carencées pour rétablir un « équilibre » est une hérésie. Car, disons-le nous, ces villes sont carencées le plus souvent par choix, par refus d’accueillir une population plus modeste sur leurs territoires…

Rétablir un équilibre, oui, cela est nécessaire, nous en convenons toutes et tous. Il est nécessaire que le logement social puisse se construire partout, sur l’ensemble du territoire français. Mais ce n’est pas en ne subventionnant plus les villes qui ont déjà du logement social que l’équilibre se fera. L’équilibre se fera, si chacun prend sa part de logement social, pour répondre à l’ensemble de la demande territoire par territoire. Il est donc urgent de cibler plus particulièrement ces villes, encore si nombreuses, qui ne respectent pas la loi SRU et en mettant en place un dispositif plus inflexible pour que la loi soit respectée.

Parallèlement, il est nécessaire de poursuivre l’accompagnement et l’aide aux maires bâtisseurs, de ceux qui portent des projets de constructions, de réhabilitations, pour répondre à la demande et offrir des logements accessibles et de qualité à toutes et tous.

En Val-de-Marne, nous sommes attachés au logement social, au logement digne pour toutes et tous.

Et malgré des contraintes financières qui pèsent de plus en plus lourd sur les budgets des collectivités, et de fait, sur celui du Département, nous entendons bien ne pas en rabattre sur notre volonté d’offrir à tous nos concitoyens, à tous les moments de leur vie, un service public proche, moderne, réactif et à l’écoute de leurs besoins.

Alors, oui, même dans ce contexte difficile, nous avons fait le choix d’un service public pour toutes et tous. Le choix de poursuivre malgré tout une politique en faveur du logement accessible à toutes et à tous, pour que le droit au logement devienne une réalité. En faisant ce choix, nous avons la volonté de poursuivre le travail engagé depuis plus de trois décennies en faveur du logement social sur l’ensemble de notre territoire.

Nathalie Dinner

Vice-présidente du Conseil départemental Chargée du Service public départemental, des Ressources humaines, de la Logistique, du Logement et de I’Habitat.

Canton de Choisy-le-Roi

Insécurité ou citoyenneté !

L’année 2016 a été marquée par une série d’attaques terroristes, qui a plongé le pays dans un « climat » liberticide, depuis le débat sur la déchéance de nationalité jusqu’à la prolongation de l’état d’urgence. Malgré ce contexte, nos concitoyens ont porté haut les valeurs de notre République, refusant la tentation du repli identitaire, la recherche de boucs émissaires, la mise en concurrence des individus et des territoires.

Pourtant, c’est bien un sentiment d’insécurité globale, sociale, politique et relationnelle qui s’est renforcé dans la population, nourri par les politiques libérales mises en œuvre et l’instrumentalisation des peurs.

L’ADN de l’action départementale, c’est tout l’inverse, à l’image des politiques innovantes et progressistes que nous mettons en œuvre. Elles constituent un véritable bouclier social pour tous les Val-de-Marnais(es), à tous les âges de la vie !

Vivre dans notre département, c’est bénéficier de collèges de qualité avec un projet éducatif d’avenir, c’est le développement de services de transports répondant aux enjeux climatiques, c’est bientôt une 77ème  crèche. C’est également le soutien à la construction et à la réhabilitation des logements pour tous et partout.

C’est la détermination à développer les solidarités, garantes de cohésion sociale et territoriale.

Au moment où pèse si fortement une réduction de la dépense publique qui menace l’ensemble de l’action publique et des services publics, nous réaffirmons notre choix d’un service public réactif, protecteur, répondant aux besoins et aux attentes, dans une plus grande proximité avec les usagers.

Nous continuerons à investir pour l’avenir, n’en déplaise aux idolâtres de la rigueur, aux fossoyeurs du service public, aux prêcheurs de la mise en concurrence des salariés, aux disciples de la rentabilité et d’une baisse du coût du travail qui pèse sur les salaires, aux apôtres de la criminalisation de l’action syndicale, aux promoteurs de l’uberisation de la société, aux adorateurs du « veau d’or ».

Indéniablement, ce bréviaire est commun à l’opposition de droite départementale, qui soutient avec ardeur la politique ségrégative d’accès au logement de la nouvelle majorité de droite à la Région. Cette même majorité régionale qui coupe les vivres à de nombreuses associations intervenant dans les domaines de l’environnement, du développement durable, de la transition énergétique, de l’économie sociale et solidaire, de la culture et des solidarités…

Autant de décisions qui ne font que renforcer les inégalités, en insécurisant la pérennité du mouvement associatif, véritable creuset de citoyenneté et d’accès aux droits.

Face aux insécurités de toute nature, pour ouvrir l’accès à de nouveaux droits pour toutes et tous, nous continuerons d’agir pour répondre aux besoins au travers des politiques départementales d’intérêt général, celles qui font le « mieux-vivre ensemble », œuvrant ainsi au développement d’une citoyenneté pleine et entière.

Nous n’aurons de cesse de rassembler pour ouvrir des horizons citoyens porteurs de confiance et d’espoir en l’avenir.

 

Ibrahima Traoré, Conseiller départemental du canton Le Kremlin-Bicêtre

 

L’idéal républicain d’une société solidaire

 «Liberté, Égalité, Fraternité.» Ces trois mots qui forment la devise de notre République sont aujourd’hui bousculés et souvent malmenés par les politiques gouvernementales qui se succèdent. Liberté et Égalité se règlent pour le meilleur et pour le pire par les lois et les règlements de la société. L’état d’urgence qui s’inscrit aujourd’hui dans la durée et donne lieu à de nombreuses dérives démocratiques est là pour nous le rappeler. La fraternité est plus insaisissable. La fraternité n’est ni dans les lois, ni dans les règlements de la société et pourtant, c’est d’elle que naît l’idéal républicain d’une société solidaire.

Face aux crises qui se succèdent depuis 1973, des Restos du Cœur en passant par les maraudes organisées pour venir en aide aux plus fragiles d’entre nous, chacun peut constater que cet idéal de fraternité vit dans la société française.

Le paradoxe, c’est que dans le même temps, les politiques de solidarité sont constamment remises en question par ceux qui nous gouvernent, avec souvent la mise en scène médiatique caricaturale de la fraude sociale.

Dans le débat politique, on ne parle que d’assistanat et de fraudeurs, mais jamais du malheur réel que sème partout le chômage de masse. La fraude sociale, aussi condamnable soit elle, représente des pertes pour l’État évaluées à 695 millions d’euros, quand la simple fraude fiscale est évaluée à 3,42 milliards d’euros.

Cette fraude vient alimenter l’évasion fiscale qui est pratiquée à grande échelle sur l’ensemble de la planète. En 2016, l’ONG Oxfam a démontré que 7 600 milliards de dollars, soit l’addition des PIB de l’Allemagne et du Royaume-Uni, sont actuellement détenus sur des comptes offshore de particuliers. Ce ne sont pas les fraudeurs du revenu de solidarité active (RSA) qui alimentent ces comptes. La fraude sociale, qui concerne souvent de petits montants, ne peut être l’arbre qui cache la forêt du pillage des comptes publics par une oligarchie, parvenue à faire d’un fraudeur fiscal comme Monsieur Cahuzac un ministre du budget de la République.

Face aux risques de la vie, de quelles solidarités avons-nous besoin ? Les questions sociales méritent un traitement plus sérieux que celui de la thématique imposée de la fraude sociale et de l’assistanat dans le débat public.

Avec ces thèmes, les gouvernements qui se succèdent depuis quinze ans veulent construire un consensus idéologique pour détruire les fondements de nos politiques sociales.

Trop souvent aussi, ils mettent en scène des annonces sans lendemain comme, par exemple, la question de la renationalisation du revenu de solidarité active (RSA). Le RSA constitue le dernier filet de protection sociale pour chacun d’entre nous qui, un jour, peut avoir besoin de la solidarité nationale. Son coût de financement, supporté par les départements, est aujourd’hui estimé à 3,5 milliards d’euros. L’État doit se saisir sérieusement de l’avenir du RSA. Le statu quo incite les départements, souvent de droite, à durcir les conditions de versement de l’allocation, parfois à travers des mesures illégales qui stigmatisent les bénéficiaires.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement doit assumer sa responsabilité en maintenant le caractère pérenne et national de cette prestation dont le financement relève de la solidarité nationale. Face à la complexité des minima sociaux, l’État doit aussi simplifier la protection sociale en permettant à chacun de bénéficier de la solidarité nationale quand il en a besoin.

Tous ces enjeux étaient au cœur des discussions des États généraux que nous avons organisés en novembre 2016 en Val-de-Marne, et qui ont donné lieu à des engagements concrets de notre Département que vous pouvez retrouver ici : www.valdemarne.fr/vivre-en-val-demarne/informations/8-engagements-pourameliorer-les-solidarites-dans-le-val-demarne

Gilles Saint-Gal, Vice-Président en charge du Développement social et de la Solidarité, de la Lutte contre les exclusions, du Tourisme et des Loisirs.